Lundi 6 décembre 2010
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17:25
Chronique du jeudi 25 novembre
2010.
Bonjour,
Je suis connu pour ne pas être un couche-tôt. Ou plus exactement j’ai l’habitude de dire que je commence toutes mes journées par dormir vers une
heure ou deux heures du matin. On m’a souvent dit que le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt. Je crois surtout que chacun a son rythme, certains travaillent bien le matin, d’autres pas trop
mal le soir.
Le soir, j’aime le calme. Les réunions sont terminées, les rendez-vous sont passés, les mails sont envoyés, les courriers lus, il reste le calme,
le silence et la possibilité de relire, de reprendre tous ces visages rencontrés dans ma mémoire, dans ma méditation, dans mon cœur. La nuit, je revisite ma journée. Mais c’est aussi un moment où
j’aime lire, libérer ma tête des soucis quotidiens, de la vie de souffrances de beaucoup que je rencontre et plonger dans des histoires, dans des romans, dans un autre espace. En fait la nuit,
par la lecture, la méditation, je digère ce que je vis et m’évade un peu.
Mais la nuit, comme beaucoup, je pense. Pas au point de faire sans cesse de l’insomnie mais nous sommes tous pareils. Quand quelque chose nous
préoccupe, cela envahit nos sentiments, notre pensée et forcément nos nuits et parfois nos rêves ou nos cauchemars. Combien d’hommes et de femmes s’inquiètent dans leur nuit de leur avenir, de la
vie d’un proche, du départ d’un être aimé. Et je pense à eux aussi. Tous ceux qui souffrent quand la nuit tombe et que le silence se fait autour d’eux.
La nuit, c’est un peu le temps des mûrissements, c’est un peu comme l’hiver lorsque les graines sont en terre et qu’au printemps elles vont
jaillir en germe de vie. Mais la nuit, il faut la traverser, l’apprivoiser. Elle est celle qui nous met face à notre solitude, face à nos questionnements, face à nos souffrances, face aussi à la
contemplation de ce qui est beau et vivifiant. C’est la nuit que les dialogues intérieurs s’expriment, ceux dont tant de personnes ne parlent pas et qui sont pourtant si importants pour nous
donner la force de vivre le lendemain.
Des fois, je pense à Jésus qui a passé de longues nuits dans le désert, à l’écart des villages et qui méditait. Lui aussi était bouleversé par la
vie de ceux qu’il rencontrait et il essayait de leur dire les mots de douceur et de tendresse que l’Esprit lui soufflait au cœur durant tant de nuits passées à dialoguer avec son Père. Je crois
que son souffle continue de venir en nous, pour habiter nos vies, nos nuits, nos profondeurs. Alors, j’aime la nuit, même s’il faut la traverser.
Bonne journée à vous.
Publié dans : Foi/spiritualité
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