Lundi 17 janvier 2011
1
17
/01
/Jan
/2011
22:20
Chronique du jeudi 6 janvier
2011.
Bonjour,
Quand on est comme moi, et comme tous les intervenants de RCF Mâcon, à deux semaines de la fin des émissions, on se demande que dire. Après
quatorze années de paroles hebdomadaires, de partage des espérances et des douleurs, on se dit : faut-il donner un dernier message ou se révolter ? J’ai choisi de vous partager durant
les deux dernières chroniques ce qui me semble important, essentiel, pour poursuivre chacun notre route. Cette semaine, je parlerai plus de la société et la semaine prochaine de
l'Église.
Je crois que la question de notre société française et du monde sera de lutter contre ce que certains appellent « le darwinisme
social ». En effet, il semble bien que notre État français et ses gouvernants aient décidé de ne plus chercher à contrer l’histoire qui engendre la misère mais à laisser faire. Chacun devra
sauver sa peau et tant pis pour ceux qui n’auront plus la force. C’est qu’ils n’étaient pas faits pour survivre dans cette société. Ceux qui s’en sortiront c’est les forts, les imaginatifs, les
compétents, les bien portants.
Pourquoi je dis cela ? L'État français et son gouvernement ont décidé de ne plus soutenir l’emploi-aidé. Près de ma paroisse, une association
travaillait à l’insertion de travailleurs éloignés du monde du travail. En donnant à ces personnes un cadre de travail avec des heures, des tâches, une formation soit en français soit dans
d’autres domaines pour acquérir quelques compétences, on pouvait espérer les voir progressivement retrouver le chemin des entreprises plus traditionnelles. En refusant de soutenir les
associations d’insertion, l'État accepte que des personnes vivent et restent au RSA. Malgré ce qui est dit, le RSA ne sera pas mieux que le RMI puisque les dispositifs d’insertion sont amoindris.
Celui qui n’est pas capable d’entrer dans le monde du travail tel qu’il est ne trouvera plus de tremplin. Qu’il meure, non qu’il vivote en silence, s’il vous plaît.
Dans un autre domaine l'État français fait de même. L'Éducation Nationale cherche à réduire ses soutiens au RASED, « Réseau d’Aides
Spécialisées aux Élèves en Difficulté ». Comme me l’écrit un ami, les enfants concernés par ce soutien particulier sont souvent des enfants de familles populaires, des blessés dès le plus
jeune âge par des événements de la vie. Ce sont ces enfants que l’état préfèrerait laisser sur le bord du chemin, quitte à leur offrir comme solution finale un abonnement à une pharmacie pour
traiter leur douleur et leur difficulté d’apprentissage. Le déficit de la Sécurité sociale n’est pas à cela près quand il s’agit de donner des gages de bonne gestion des finances publiques aux
spéculateurs des différentes bourses mondiales. Tristes sacrifices de moyens en direction de ceux qui auraient besoin qu’on tende une main pour aider leurs enfants à retrouver un goût de vivre et
d’apprendre.
Stéphane Hessel a intitulé son dernier ouvrage « Indignez-vous ». J’espère juste que les citoyens de ce pays, dont chacun de nous fait
partie, sauront s’indigner, non pour leur propre intérêt (ce qui est parfois légitime) mais surtout pour défendre les plus faibles, que notre monde veut sacrifier sur l’autel des déficits publics
et que le « darwinisme social » sera combattu pour l’honneur de notre pays et du monde.
À la semaine prochaine pour la dernière fois.
Publié dans : Société
-
0