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Dimanche 12 décembre 2010 7 12 /12 /Déc /2010 21:04

Chronique du jeudi 9 décembre 2010.

         Bonjour,

         À l’approche de Noël, les marchés de Noël s’ouvrent un peu partout en France. Il y a les marchés réputés, ceux de l’Alsace et spécialement celui de Strasbourg. Mais de plus en plus de villes s’essayent à cette animation. Il y a les marchés avec des vrais artistes, des artisans qui durant toute l’année ont travaillé dans leur atelier, ont construit, peint, décoré. Et puis il y a les marchands, ceux qui nous proposent des bibelots « made in China », qui ne sont que des revendeurs.

         Ces marchés sont l’occasion pour les gens de se promener, de rêver un peu devant de très belles choses, d’ouvrir des yeux tout grand, et puis en regardant le porte-monnaie de se dire « soyons raisonnables, passons notre chemin ». Ces marchés sont plutôt là pour procurer une animation dans les rues et je ne suis pas sûr que les marchands fassent beaucoup d’affaires.

         Avec les chrétiens de la paroisse, nous allons vendre dans les rues ce que jeunes et adultes ont réalisé durant quatre journées de travail en commun. Hier, nous étions dans la rue à l’occasion de la fête des Lumières et nous irons dans les prochains jours sur les marchés hebdomadaires de la ville. Ensemble, nous avons fabriqué des décorations de Noël en tout genre, des petits trains, des couronnes de l’avent. Des personnes ont réalisé chez elles des écharpes, des pâtes de fruits, des dattes fourrées, des broderies. Nous avons passé des bons moments ensemble pour réaliser tous ces objets, en particulier le jour où M. Parsus de Bourg-en-Bresse est venu nous montrer comment réaliser des bougies multicolores.

         Très bricoleur, il a créé un système ingénieux de « bain-marie ». Il faut prendre une mèche et commencer par la plonger dans la paraffine blanche et tout de suite après dans de l’eau froide. Ainsi celle-ci se solidifie et commence à prendre du volume. Puis on peut passer aux bains colorés avec des crayons de pastel. Ainsi, couche après couche, les bougies prennent des couleurs mais le plus beau est à suivre. Quand la bougie est prête, il est alors possible de la sculpter. Elle va alors faire ressortir ses couleurs et prendre des formes originales. Les enfants qui ont réalisé ces bougies ont eu bien du mal à les laisser à la paroisse tellement ils étaient heureux et fiers de leur chef-d’œuvre. Je leur ai promis qu’on recommencerait pour eux à Pâques.

         Mais s’ils ont dû laisser leur œuvre c’est que notre vente est destinée à financer la restauration d’une des églises de Chalon-sur-Saône. L’église du Sacré-Cœur a été construite en 1911 soit six ans après la séparation de l'Église et de l'État. Elle est donc entièrement à la charge du diocèse, c'est-à-dire des chrétiens. Elle a cent ans et besoin d’un bon lifting. Mais je vous reparlerai d’elle une autre fois. Vive les marchés de Noël qui nous émerveillent et

         Bonne journée à vous.

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Samedi 20 novembre 2010 6 20 /11 /Nov /2010 13:33

Chronique du jeudi 18 novembre 2010.

 

         Bonjour,

         Vous avez peut être entendu parler à la télévision de cet incendie qui s’est déclaré dans un foyer ADOMA à Dijon. Sept personnes ont perdu la vie et plusieurs dizaines ont été intoxiquées par les fumées. Les victimes de ce drame sont pour la plupart des personnes venues d’autres pays, vivant et travaillant en France ou demandeuses d’asile. Comme dans beaucoup de foyer ADOMA, anciennement Sonacotra, la vocation sociale de ces foyers est très clair. Ces foyers accueillent des personnes qui souvent travaillent et vivent dans cette condition précaire car elles désirent soutenir leur famille dans leurs pays d’origine. Il y a aussi dans ces foyers des personnes qui souvent sont à la rue, souvent dans de grandes difficultés et des demandeurs d’asile placés là parce que les centres prévus pour eux sont archi complets.

         Ce qui est sûr, c’est que cet incendie va créer de nouvelles difficultés pour gérer l’accueil des personnes à la rue durant l’hiver. C’est une des conséquences de cet incendie, en plus de la souffrance de ceux qui ont vécu ce drame et perdu un proche. Les places disponibles pour l’accueil en hiver vont coûter cher cette saison. Car ce sont des dizaines de personnes qu’il faut reloger et notre État français manque de logements d’urgence. De nombreuses personnes vont se trouver dans la précarité, ballotées sur le 115 dans nos petites villes car les places de foyer seront occupées par les victimes qui ont vécu ce drame récent, comme ces premières familles qui sont arrivées à Chalon au foyer ADOMA. La situation va donc être bien compliquée dans les prochains mois.

         Dans un autre domaine, nous avons vécu ce week-end le remaniement du gouvernement. Le ministère de l’immigration a été rattaché au ministère de l’intérieur mais le ministère de l’Identité nationale a disparu. Durant des années, nous avons avec beaucoup de gens dénoncé cette appellation. En effet, appartenir au peuple français ne coïncide pas avec une identité. Personnellement, j’appartiens à ce peuple des Français, mais un ami africain a aussi acquis la nationalité française et un autre arménien et un autre du Kosovo. Leur carte d’identité est française comme la mienne, mais leur vie ne se limite pas à une vie en France.

         Leur racine, leur histoire fait qu’ils n’ont pas grandi ici et que leur vie est habitée d’une autre culture, d’une autre religion pour certains, d’une autre histoire. Et en même temps, c’est ensemble que nous formons le peuple français, c’est ensemble que nous aidons notre pays à vivre, à construire une économie, à vivre des liens entre les personnes. C’est ensemble que nous vivons et construisons l’histoire de France. Pas celle d’hier que l’on nous présente souvent de façon monolithique, mais celle qui fera de notre pays un exemple de vie commune, loin des communotarismes, des définitions identitaires qui enferment chacun dans des cases. Oui, le ministère de l’Identité nationale est mort. Il semble que nos nombreuses contestations aient portés du fruit ; enfin, j’ose le croire !

         Bonne journée à vous.

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Vendredi 8 octobre 2010 5 08 /10 /Oct /2010 21:34

Chronique du jeudi 7 octobre 2010.

         Bonjour,

         Dans quelques jours, le 17 octobre prochain, nous vivrons la journée mondiale du refus de la misère. Une nouvelle fois cette journée essayera de donner la parole aux plus pauvres. Dans un monde qui nous montre chaque jour dans les médias des stars qui gagnent des millions – joueurs de foot, chanteurs, mannequins –, ce jour-là, la parole sera offerte aux sans- voix, à ceux qui ne la ramènent pas, à ces 8 millions de Français qui vivent en dessous du seuil de pauvreté.

         Il y a les témoignages poignants, comme ce banquier devenu SDF qui explique sa descente aux enfers mais qui exprime sa dignité d’être humain, même dans le plus grand dénuement. Mais la réalité des pauvres est souvent peu exprimée. Les soucis de logement, les enfants placés, les dettes, la recherche de nourriture chaque semaine, c’est certainement quelques éléments de la vie des plus pauvres. Mais leur vie, c’est aussi des relations qui font vivre et tenir le coup, c’est la joie de voir un spectacle grâce à des actions de solidarité, des réunions comme les universités populaires d’ATD ¼ monde où chacun peut partager son expérience, ses astuces et ses solutions pour sortir la tête de l’eau et faire respecter ses droits.

         La vie de beaucoup est aujourd’hui fragile. Puis-je vous donner un simple exemple d’un jeune que je connais ? Durant plusieurs années, avant 2008 et la crise, il travaille en intérim. Pas de soucis, de semaine en semaine il trouve toujours des contrats et gagne sa vie simplement. Lors du décès de sa maman, il a dû emprunter pour lui dire au revoir dans la dignité et payer les quelques factures en instance. Mais voilà, avec la crise, les missions d’intérim sont les premières touchées. Plus de travail, un loyer à payer, des factures de gaz, d’électricité, des impôts de l’année d’avant, mais aucun capital pour l’aider à tenir et les relances de la banque pour rembourser le crédit, sans compter les agios qui s’ajoutent mois après mois et les pénalités de 20 euros chaque fois qu’un prélèvement est refusé faute d’argent disponible.

         Et ainsi s’accumulent les difficultés, la tristesse de ne pas arriver à vivre normalement. Il n’est plus question de pouvoir se nourrir normalement, de sortir, de prendre le bus. C’est pourtant un jeune homme tout à fait bien, qui voudrait réellement travailler mais qui n’a ni soutien familial, ni réseau suffisant pour lui apporter le secours nécessaire dans un moment délicat. Aujourd’hui, ça va mieux. Accompagné par les assistantes sociales et soutenu par  quelques amis, il semble que l’espoir revient, comme d’ailleurs les entreprises intérimaires qui commencent à redemander de la main d’œuvre.

         La situation de ce jeune ne résume pas toutes les situations de pauvreté. Mais beaucoup sont dans cette situation : vraiment désireux de travailler, de s’en sortir mais sans soutien, sans réseau, sans possibilité de trouver une issue face aux problèmes qui s’accumulent. C’est une pauvreté qui ne fait pas de bruit, qui ne fait pas la manche à la porte des églises ou au marché. Alors, le 17 octobre prochain, tendons l’oreille pour écouter ceux qui vivent la pauvreté en essayant de rester dignes et honnêtes.

         Bonne journée à vous.

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Vendredi 10 septembre 2010 5 10 /09 /Sep /2010 23:12

Chronique du jeudi 9 septembre 2010.

         Bonjour,

         J’ai eu la chance avec 210 autres personnes de pouvoir assister en avant-première à la projection du film Des hommes et des dieux, film de Xavier Beauvois, projeté au cinéma le Majestic à Digoin. Il n’y a aucun doute, c’est un très beau film. La qualité des images, des dialogues, du scénario, nous entraîne dans la vie de ces moines de Tibhirine, assassinés en 1996 en Algérie. Nous voyons dans ce film comme une illustration de leur vie. Nous voyons les moines dans leur vie de travail, le dispensaire, mais nous participons aussi à leur vie de prière et au chapitre comme lieu de dialogue et de décision. Nous les voyons aussi dans leurs liens fraternels avec les voisins, les habitants du village, la police et même avec les terroristes. Mais le plus marquant est d’entrer dans la vie de chacun de ces huit moines, car chacun était différent dans sa passion de la foi, dans le lien à la vie et à l’espérance. Nous voyons ainsi les moines qui font tous un chemin de mûrissement pour savoir ce qu’ils doivent vivre et décider pour leur vie. Ces hommes n’ont pas cherché ni voulu le martyre. Ce qui les a guidés, c’est leur fidélité à un peuple qui souffrait autant qu’eux et avec qui ils ont tout partagé : les joies et les souffrances.

         À la fin du film, après un impressionnant silence, Gérard de Belair, prêtre de notre diocèse, vivant en Algérie depuis 1969, nous a parlé de cette période de guerre qu’a vécu l’Algérie. Dix-neuf chrétiens laïcs, religieux ou religieuses, prêtres et évêques, ont été assassinés dans cette triste période. Mais il nous a rappelé que 250 000 Algériens ont subi le même sort dont 55 journalistes. La peur, l’angoisse de la mort, d’un attentat, pas un seul Algérien ne l’a pas ressentie. Toutes les familles ont vécu la mort d’un proche, quel que soit le camp dans lequel il était.

         Alors que ce film sort en France, et que l’enquête concernant la mort des moines n’a toujours pas donné de réponse, l’Algérie continue son chemin. 50 % de la population algérienne a moins de 20 ans. La période des massacres, des attentats, beaucoup ne l’ont pas vécue, même si, dans chaque famille, des proches ont disparu. 14 000 personnes sont toujours portées disparues et rien n’est vraiment fait pour donner des réponses aux familles des disparus. Gérard de Belair nous a dit regretter que « l’Algérie, à la différence de l’Afrique du Sud ou du Rwanda, n’ait pas créé des commissions de réconciliation, de pardon ». Aujourd’hui encore le terrorisme existe dans ce pays toujours divisé, dont les plaies ne sont pas pansées.

         Ces hommes, moines dans l’Atlas, avaient conscience que ce qui était en jeu dans leur vie était la fraternité. Celle avec les Algériens, celle qu’ils avaient à vivre ensemble dans leurs différences, celle avec le Christ qui embrassait leur vie et celle des Hommes de la montagne (les terroristes) et celle des Hommes de la plaine (les villageois). Merci à tous ceux qui ont fait ce film très beau et merci à ceux qui, comme Gérard de Belair, vivent cette fidélité à un peuple qu’il aime profondément et qui expriment par leur vie la fraternité profonde envers tout Homme.

         Bonne journée à vous.

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Lundi 6 septembre 2010 1 06 /09 /Sep /2010 14:33

                 Chronique du jeudi 2 septembre 2010.

         Bonjour,

         Je suis très heureux de vous retrouver pour une nouvelle année. Semaine après semaine je vais vous partager ce qui fait ma vie, ce que je comprends et ce que je crois. Alors laissez-moi simplement en cette rentrée, vous raconter une page de mon été.

         À Chalon-sur-Saône, le festival « Chalon dans la rue » a connu du succès malgré les averses des premiers jours et la grisaille. Quand on regarde ce festival et les différents artistes, il y a une mine de talents, de paroles qui pourraient réveiller nos cœurs souvent engourdis, de la poésie qui nous élève et du rire, du burlesque qui nous permet d’oublier un instant la lourdeur du quotidien. J’ai aimé cette troupe qui s’appelle « Les livreurs » et qui livre aux quatre coins de notre pays des histoires. Accompagné d’un accessoire et de musique, elles sont un rayon de beauté.

         Quelques jeunes de la JOC ont pu profiter de ce festival et venir découvrir ces spectacles de rues. Je suis heureux pour eux, car l’accueil et les spectacles gratuits leur ont permis de vivre un temps de culture sans dépenser beaucoup d’argent. C’est bien que cet accès à la culture pour tous soit possible. Si « Chalon dans la rue » est un des plus grands festivals des arts de la rue, il y a une multitude de festivals en tout genre dans la France.

         Au début du mois de juillet, j’ai eu l’occasion grâce à une de mes sœurs de voir un festival qui s’appelle « Les orientales ». Il se déroule dans un petit village du Maine-et-Loire à Saint-Florent-le-Vieil et propose de très belles choses. Cette année la thématique était autour des musiques orientales sacrées. Les tambours du Burundi exprimaient certainement par les percussions leur clameur vers leurs dieux, mais le spectacle qui ne m’a pas laissé indifférent est surtout celui des Derviche-tourneurs de Damas en Syrie. Ce qui frappe dans ce spectacle, c’est ces hommes qui tournent sur eux-mêmes pendant dix ou vingt minutes. Mais j’ai été surtout touché par le chant. Je sentais vraiment que ce chant était une prière adressé à Dieu. Ces musulmans soufis prient ainsi : en chantant et en tournant sur eux-mêmes. Des chants répétitifs mais qui justement permettent d’entrer plus dans la prière. C’était vraiment un très beau spectacle de voir ces hommes chanter Dieu et danser pour Lui. J’ai été touché par ce moment qui ouvrait quelques jours de vacances pour moi.

         Des festivals il y en a eu des centaines dans toute la France. Que ce soit la musique classique comme à Cluny, ou les Eurockéennes de Belfort, ou le festival de la vielle qui a eu lieu à Anost, le choix est immense et chacun suivant ses goûts a pu trouver ce qui lui convient. C’est un moment de récréation au cœur de l’été, ce temps où l’on souffle et qui nous fait du bien.

         Merci à tous ces artistes qui offrent leurs talents et leur travail. Et que la nouvelle année scolaire soit aussi l’occasion pour nous de mettre nos propres talents au service de nos paroisses, nos mouvements, nos associations, notre société.

         À la semaine prochaine.

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