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Education-jeunesse

Jeudi 26 novembre 2009 4 26 /11 /Nov /2009 00:37

Chronique RCF du jeudi 05 novembre 2009.

Bonjour,

Pourrai-je dire en quelques mots ma joie à propos des jeunes ? En effet, le mois d’octobre a été pour moi un temps intense de rencontre et d’échange avec eux. Et je dois dire que souvent ils m’épatent !

J’ai en particulier été étonné lors du week-end de la JOC. Quatre jeunes de Chalon étaient présents avec une vingtaine d’autres et notre échange a porté sur ce qu’on aimerait améliorer dans nos vies et autour de nous. L’un d’eux disait : « J’aimerais que nos parents, qui ne parlent pas le français, puissent s’ouvrir aux autres personnes du quartier. » Ce point de départ, ce constat, nous a amenés à beaucoup partager et à chercher des chemins pour que durant l’année scolaire nous puissions permettre à des gens qui sont trop isolés, qui vivent trop entre eux, de rencontrer les autres. Cela demande d’aider à sortir de leur préjugé, rassurer car il y aura des peurs, accompagner pour que chacun puisse partager le meilleur de sa vie.

Un autre proposait de mettre en valeur tout ce qui se fait de bien pour aider les jeunes à accéder aux loisirs et à la culture. Il y a des cours de théâtre où l’on paye en fonction de ses revenus. Il y a les musées gratuits pour les jeunes. Les fêtes du cinéma où l’on pourrait se mobiliser. Chalon dans la rue avec les spectacles en off qui sont gratuits. Pourrait-on mettre cela en valeur sur un site Internet, ou sur un journal ? Ce qui compte, c’est de faire savoir ; car trop souvent les jeunes ignorent toutes les belles possibilités qui existent.

L’un d’eux disait : « Je n’ai jamais été aussi sérieux qu’à ce week-end, même à l’école. » Dans sa parole, j’ai vraiment senti qu’il était intéressé par ce qu’il recherchait avec les autres. Et ce jour-là s’ouvrait en lui la conscience qu’il était capable de réfléchir, de partager et que c’était intéressant. Oui, ces jeunes m’épatent. Je les sens vraiment capables d’analyser le monde dans lequel ils vivent. Ils saisissent qu’il y a de très belles choses dans notre société et en même temps, ils expérimentent les limites de notre monde et désirent les repousser.

J’ai aussi vécu quatre jours à Taizé. Même si les jeunes de 15 ou 16 ans ont un peu de mal à entrer dans la prière et à permettre un climat de calme, ils sont en même temps capables d’ouverture, de dialogue avec les autres. Ils ont un sens de l’humour qui est souvent très sympa. Et puis je les trouve curieux, désireux de connaître.

Les jeunes quand ils sont en confiance peuvent vraiment nous surprendre. J’ai été très heureux avec plusieurs d’entre eux d’accueillir ce qu’ils portaient vraiment au fond d’eux. Mais j’ai bien conscience qu’il est nécessaire de créer un climat de dialogue, d’écoute, de respect et de sympathie. Quand on vit ainsi, on découvre la profondeur qui est en eux, et cela procure une vraie joie. Merci à eux pour tous ces beaux moments.

À la semaine prochaine.

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Lundi 18 mai 2009 1 18 /05 /Mai /2009 00:47

Chronique RCF du jeudi 7 mai 2009.

         Bonjour,

         Le week-end dernier s’est tenu le festival national de la JOC. Vingt mille jeunes de toute la France s’était donné rendez-vous à La Courneuve pour faire la fête, pour discuter, partager, célébrer, découvrir. C’est une foule très cosmopolite qui s’est ainsi rassemblée sous le soleil. Une chance extraordinaire pour un festival en plein air. Une chance merveilleuse pour l’Église de vivre le partage.

         J’ai aimé les forums de discussions. J’ai vu des syndicalistes, des chefs d’entreprises, des députés, des évêques, écouter la parole des jeunes. Que ce soit sur le thème de l’Europe, de l’insertion dans le monde du travail, ou sur le thème essentiel qui nous rassemblait – l’accès à la culture et aux loisirs – j’ai vu ces hommes écouter les jeunes, ce qu’ils ressentaient, ce qu’ils vivaient concrètement. C’était très beau de voir des jeunes parler devant tant de monde de leur vie, de leurs difficultés, de leurs convictions.

         Des choses très fortes ont été exprimées. Je ne peux pas tout reprendre mais j’aimerais vous partager cette remarque de François Chérèque que je trouve très juste. « Dans notre société, le gouvernement aimerait que les jeunes soient responsables pénalement dès l’âge de 13 ans. Par ailleurs, la majorité sexuelle est à 16 ans et la majorité civile à 18 ans. Mais à quel âge est la majorité sociale ? On ne reconnaît des droits à l’accès social des jeunes qu’à partir de 25 ans car ce n’est qu’à cet âge qu’ils peuvent vraiment être pris en charge par l’État. De plus, on trouve normal dans notre société qu’un jeune galère au début de sa vie professionnelle, comme si c’était obligatoire. Ceci est une forme de bizutage. » Personnellement, j’ai trouvé ces propos très justes.

         J’ai aussi aimé le dialogue entre Claire Ly, victime des Khmers Rouges et Henri Kynson ancien trader devenu moine dans les cités de Marseille. Ils ont partagé leur itinéraire et leur foi. Gérard Miller les a interviewés de façon très juste, parlant de leur vie, du bonheur, de la souffrance, du prosélytisme et de la foi. J’ai cueilli cette phrase de Claire Ly, qui a dit à tous les jeunes présents que « chaque être humain est une œuvre d’art. » Ces quelques mots ont résonné chez les jeunes que j’accompagnais. Oui, ils sont uniques, oui ils sont cette œuvre individuelle et merveilleuse qui ne demande qu’à se construire, à se laisser façonner de l’intérieur.

         Il y avait encore bien d’autres choses dans ce festival, comme la multitude de stands avec beaucoup d’associations de sport, de danses, d’action humanitaire, de syndicats et de politiques. Je n’oublie pas l’espace pour prier et partager la foi. Je crois que chaque jeune a pu trouver des activités, des occasions de partage correspondant à sa vie, à sa recherche, à son chemin de foi.

         Puis il y a eu les concerts. Rock, pop, rap. J’ai trouvé que ces groupes délivraient un message vraiment intéressant. Ils questionnaient. Quel monde voulons-nous construire ensemble ? Quelles frontières sommes nous prêts à dépasser ? Ce festival était très intéressant, ancré dans la vie des jeunes et proposant l’espérance des chrétiens comme une force et un phare.

         À la semaine prochaine.

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Dimanche 29 mars 2009 7 29 /03 /Mars /2009 00:18

Chronique RCF du jeudi 26 mars 2009.

         Bonjour,

         J’accompagne avec d’autres adultes le mouvement de la JOC – Jeunesse ouvrière chrétienne. Et, samedi dernier, les jeunes responsables et membres de ce mouvement ont organisé un festival. Je dois dire que j’étais très heureux de voir cette réussite. Plus de cent jeunes sont venus partager une belle soirée à Sanvignes.

         Cette année, la réflexion et l’action de la JOC portent sur l’accès à la culture et aux loisirs pour les jeunes. Il s’agit ensemble de regarder ce qui fait les loisirs des jeunes, ce qui empêche certains de pouvoir en vivre, parfois le coût, parfois le manque d’information. De même la culture est faite d’une multitude de choses : la langue, la cuisine, la musique, la danse, et bien d’autres éléments encore. Il s’agit ensemble d’encourager les échanges et de s’ouvrir à d’autres cultures, tout en prenant conscience de la sienne.

         Samedi, le festival rassemblait des groupes de rap, de danse hip hop, une batoucada – percussions brésiliennes, de danses contemporaines. C’était l’occasion de permettre à ces jeunes de vivre un bon moment et en même temps l’occasion de s’ouvrir à d’autres types de musique ou de danse. Certains jeunes ont d’ailleurs eu du mal à s’intéresser à ce qu’ils ne connaissaient pas. Quelques notes ou pas de danses différents de ce qu’ils connaissent et ils sortaient de la salle. D’autres écoutent, regardent : l’ouverture se fait, la curiosité est là.

         Pour permettre ce festival, les jeunes se sont organisés. Ils ont invité, ils ont écrit pour demander une salle, ils ont contacté des groupes divers. Les jeunes jocistes ont vraiment réalisé ce festival en animant des ateliers comme la confection de bijoux, de dentelle, de tresses africaines, d’écriture de Slam. Ce premier rendez-vous en annonce un nouveau : le festival national de la JOC le 2 mai prochain à la Courneuve, où 25 000 jeunes sont attendus.

         Mais je veux dire aussi mon admiration pour des adultes qui accompagnent ces jeunes de la JOC. Comment ne pas dire merci à des hommes et des femmes qui ont 50, 60 ou plus de 70 ans et qui prennent le temps d’accompagner ces jeunes. Ils ont tenu le bar, conduit en voiture les jeunes pour venir à la soirée mais aussi pour les remmener chez eux à plus de minuit, ils ont rangé la salle et, le plus important, ils ont dialogué, se sont intéressés aux jeunes qui sont venus. Je suis admiratif de ces adultes. Sans eux la JOC ne pourrait d’ailleurs pas tellement vivre.

         À travers son action, la JOC rejoint des jeunes très différents de la plupart des autres mouvements ou services d’Église, des jeunes qui vivent souvent des précarités. Je pense à ce jeune qui accompagne sa maman très malade, ces jeunes qui cherchent leur voie professionnelle, ces jeunes qui vivent l’intérim et surtout le chômage. À travers la JOC, l'Église se fait présence discrète auprès de ces jeunes, pour ces jeunes et avec ces jeunes. Ils ont besoin de dialogue, d’écoute. C’est en leur donnant notre confiance, comme pour ce festival, qu’ils pourront soutenir leurs copains et mieux vivre personnellement. Bravo à eux et à bientôt pour ceux qui veulent venir le 2 mai au festival de la JOC à la Courneuve.

         À la semaine prochaine.

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Dimanche 17 février 2008 7 17 /02 /Fév /2008 23:52

Chronique RCF du jeudi 07 février 2008

Bonjour,
Avec les jeunes de la JOC, j’ai vécu le week-end dernier une récollection. Avec une dizaine de jeunes on s’est mis à l’écart. Une chance, les téléphones portables ne passaient pas, le calme était donc possible. Finis les textos et les appels constants. Notre récollection portait sur le thème de l’écoute. Dans un monde où le bruit est continuel, dans un monde qui s’agite en tous sens, cette réco nous invitait à nous asseoir, pour écouter notre cœur, écouter les autres et écouter Dieu nous parler dans notre histoire.
À travers des jeux, des mises en situation, nous avons expérimenté l’écoute. Pour nous présenter, nous étions dos à dos, chuchotant nos passions, nos goûts, nos rêves. Nous avons pris conscience que souvent nous croyons écouter mais comme dit le proverbe : « Ça rentre par une oreille, ça sort par l’autre ». Or les jeunes ont besoin d’écoute. C’est ce que nous avons fait tout le dimanche matin. En petite équipe, chacun pouvait dire comment il se sent écouté dans sa vie, comment il écoute les autres, comment le silence lui plaît ou lui fait peur. Ha ! le silence. À l’époque où les MP3 sont rivés aux oreilles, où la musique est constante dans les maisons, parler du silence était un vrai régal, faire silence avec eux était bienfaisant. Silence pour écouter l’autre qui parle et respecter sa parole, silence pour confier à Dieu dans la prière ce qu’on porte et ceux qu’on aime.
Un des jeunes nous a livré son témoignage. Il nous a dit comment, lors d’un voyage en Afrique, il avait mesuré que les mots n’avaient pas le même sens, ou la même force. Il nous a partagé comment la communication n’est pas chose aisée, surtout quand on est dans des mondes si différents. Et sur le chemin du retour, il nous a même dit que le partage de son histoire avec nous lui avait fait beaucoup de bien, le remettait en route pour vivre cela en équipe JOC, en Église.
Tous les jeunes ont souligné comment l’écoute demande avant tout de la confiance entre les êtres. Certains ont dit aussi comment cette confiance a parfois été brisée, cassant en eux leur cœur et leur espoir. Mais à travers un tel week-end, ils savent que si des échecs existent, il existe des possibilités d’être écouté. Ensemble, nous en avons fait l’expérience.
Ensemble, durant cette récollection, nous avons regardé aussi l’Évangile. Le premier commandement que Dieu, par les prophètes, rappelle toujours est : « Écoute, Israël ! » Écoute, ton Dieu a quelque chose à te dire, tends l’oreille, il voudrait chuchoter à ton cœur des mots de paix, des mots d’amour. Ne sois pas sourd, replié sur toi, ouvre-toi à ma parole qui libère, qui redonne confiance. Nous avons vu que cette écoute, Jésus lui-même l’a vécue quand il partait dans le désert de bon matin, avant même que le soleil ne se lève, pour prier son Père. Nous avons vu que nous ne devons pas craindre d’interpeler Dieu du fond de notre être. Lui, qui est bon, ne saurait nous abandonner.
Le carême qui s’ouvre, c’est peut-être cela : un temps pour tendre l’oreille, faire silence, Dieu a peut-être quelque chose à murmurer à notre cœur.
À la semaine prochaine.
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Vendredi 9 novembre 2007 5 09 /11 /Nov /2007 13:23

Chronique RCF du jeudi 08 novembre 2007

Bonjour,

 

Au tout début des vacances scolaires de la Toussaint , j’ai eu le plaisir d’animer un rassemblement de 1000 lycéens à Saint-Étienne. Réunissant des jeunes de toute la région Rhône-Alpes et quelques uns de la Saône-& -Loire, ces jeunes participent aux aumôneries de l’enseignement public de leur lycée et quelques-uns venaient d’établissements privés. Ces 1000 jeunes accompagnés de 200 adultes animateurs ont partagé durant trois jours autour de la « Rumeur de Vivre ». Ce mot rumeur va souvent plus avec les mauvaises langues, avec la presse people, avec un esprit qui est destructeur. Mais en associant ce mot au verbe « vivre », nous voulions exprimer notre souhait de voir les jeunes s’engager vers un regard positif, capable de discerner les germes de vie qui sont en eux et autour d’eux, des jeunes acteurs et témoins de la vie, et qu’ils puissent prendre appui sur ces germes pour construire leur existence, leurs choix, leurs engagements.

 

Je suis rentré de ce rassemblement pleinement heureux. Le texte que nous avons proclamé dans les célébrations de la Toussaint est celui des béatitudes : heureux, les doux, les faiseurs de paix et de justice, heureux, heureux. C’était vraiment mon état. J’étais heureux qu’avec toute une équipe, on ait donné notre énergie pour que les jeunes aient un espace de réflexion, de rencontre, de cheminement qui soit plus large que leur aumônerie locale. J’étais heureux de voir des centaines de familles sur Saint-Étienne accueillir ces jeunes et faire ainsi l’expérience mutuelle de l’hospitalité. Heureux de voir que les responsables du Parc des expositions de Saint-Étienne soient surpris et admiratifs de ces jeunes qui étaient capables de respecter l’environnement au moment des repas et de respecter les personnes.

 

J’étais heureux qu’au long du rassemblement, on ait parcouru le chapitre 8 de l’Evangile de Marc, ouvrant petit à petit, verset après verset, les yeux sur l’identité profonde de Jésus. Nous avons vécu ce chemin d’évangile en parfaite adéquation avec notre déroulement de rassemblement. J’étais heureux de voir la parole ajustée de l’évêque de Saint-Étienne, Dominique Lebrun, qui a su dire aux jeunes qu’il y avait des étapes dans la vie, que témoigner de sa foi peut se faire d’abord dans la façon de vivre avant de s’exprimer par des mots, heureux qu’il leur dise qu’ils font l’expérience de la vie qui gagne, de la résurrection quand ils passent de la tristesse à la joie, de la solitude à la communion. J’étais heureux de l’ambiance avec le groupe de musique, « Les mieux que rien », qui ont su s’adapter à chaque moment de ce rassemblement. Et la liste serait encore longue.

 

Lors d’un rassemblement de ce type, on sème à tous vents. À travers les musiques, les paroles, les témoignages, les partages, chaque intervenant sème la « Rumeur de Vivre » et l’on ne souhaite qu’une chose : qu’elle enfle dans le cœur des lycéens et dans leur vie. C’est aussi cela l’Église. C’est aussi cela les jeunes : respectueux, attentifs, dynamiques… et acteurs de vie et d’espoir pour l’avenir de notre planète. Il me faudrait dix minutes pour vous dire tout ce qui fut bon. Sachez simplement qu’il y a de la joie à travailler au service des jeunes et que cela me donne un vrai bonheur.

 

À la semaine prochaine.
Par Boyer Stephane - Publié dans : Education-jeunesse
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