Un bateau pour la vie !

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Chronique RCF du jeudi 03 avril 2008

Bonjour,
Le sidaction a eu lieu ce dernier week-end et beaucoup de chaînes de télévision et de radio se sont associées à cet appel à la générosité. Même s’il faut des moyens pour faire avancer la recherche, c’est aussi l’occasion de faire passer des messages de prévention auprès du grand public, des jeunes ou des adultes. C’est un appel à la responsabilité que le sidaction désire faire : invitation pour que chacun soit responsable de ses actes et invitation à refuser l’exclusion des personnes porteuses du virus. Un des slogans dit : « C’est le sida qu’il faut exclure, pas les séropositifs. » Je crois que ces appels sont importants car le sida est toujours vu comme une maladie différente des autres, liée à la sexualité. La lutte contre cette maladie demande aussi de lutter contre beaucoup de préjugés.
Le défi de la lutte contre le sida est d’abord un défi africain. Les 2/3 des personnes porteuses du VIH sont sur ce continent. C’est toujours dans cette région du monde qu’il fait le plus de ravages. Mais en Asie, il y a aussi de quoi s’inquiéter, car sur ce continent la pandémie progresse. Que ce soit par la naissance, à cause de relation non protégées, ou par la toxicomanie, le sida se répand et décime des populations entières. La lutte contre cette maladie mérite notre attention.
Je me permets de souligner que dans la lutte contre la maladie et l’accompagnement des personnes qui la développent, l’église catholique est présente. Un malade sur quatre dans le monde est accompagné par une structure de l’Église et cela permet une réflexion bien concrète pour lutter efficacement contre la maladie. Si les discours officiels sont toujours les mêmes, les acteurs de terrain, des religieux – des religieuses – des laïcs – des prêtres – et tout le personnel soignant, savent que nous devons avant tout lutter pour la prévention contre cette maladie dans le monde.
En Afrique un programme de l’Église a été mis en place qui s’appuie sur l’image des bateaux. Pour ne pas couler et mourir l’important est d’être sur un de ces bateaux : le bateau de la fidélité, le bateau de l’absence de relations sexuelles et le bateau du préservatif. L’important, c’est que chacun se situe bien dans une de ces embarcations pour avant tout sauvegarder sa vie et bien sûr celle des autres. Je trouve personnellement cette image des bateaux très claire et je n’hésite pas quand on me pose des questions sur ce sujet à l’employer.
Même si, en France, la maladie semble reculer, n’oublions pas ceux qui vivent avec ce virus. Même si des traitements accessibles sont possibles, le quotidien est lourd et demande de ne pas se décourager. Le sida tue ici aussi et les obsèques que j’ai célébrées pour deux personnes en 2007 me le rappellent. Comme pour le dépistage des cancers, comme pour la lutte contre la maladie d’Alzheimer, ce qui compte c’est la recherche qui permettra peut être un jour de venir contrer cette maladie. Au-delà de l’aspect médical, je pense que notre présence et notre amitié auprès de ceux qui vivent cette situation est importante pour permettre à chacun de rester sur le bateau de la vie.

À la semaine prochaine.

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Publié dans Société

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