Renaissance estivale !
Chronique RCF d’été. 17 août 2009.
Bonjour,
L’été se poursuit tranquillement, je profite de quelques jours de calme dans les pays de Loire après avoir passé un bon week-end en Bretagne. Je suis d’ailleurs triste pour cette région. Il est devenu bien difficile de se baigner dans les côtes d’armor. Ce département avait changé de nom il y a quelques années pour mieux attirer les touristes, mais les plages sont aujourd’hui couvertes d’algues vertes. Ces algues qui prolifèrent sont le signe d’une pollution sans précédant, et découragent de se baigner même si l’eau est bonne. Des centaines de mètres de plages avec un très beau sable mais aucun baigneur pour profiter de cet espace. Pourquoi rien ne bouge ? Pourquoi les lisiers issus de l’agriculture intensive des cochons ne sont pas interdits, mieux encadrés ? Pourquoi accepte-t-on de laisser s’enliser la situation ?
L’été se poursuit avec des lectures et la visite à la famille et à des amis. Je vois bien, dans les nombreux échanges que j’ai, que ma profession suscite des questions. Il y a des remarques soit pour dire la folie, soit pour dire un étonnement admiratif : être prêtre, quel courage !
Mais je remarque que beaucoup de gens sont toujours dans ce qu’on peut appeler la religion païenne. Quand on discute avec eux, Dieu est toujours celui à qui on demande, celui qui pourrait accomplir nos souhaits, nos volontés. Comme dans les religions païennes, on cherche à s’attirer les faveurs de Dieu. Fréquenter un prêtre, pourrait même nous rapprocher de Lui. La foi chrétienne est tellement loin de cela. On ne cherche pas dans la foi à mettre Dieu de notre côté, à acquérir des privilèges parce qu’Il serait avec nous. Dans la foi chrétienne, on cherche juste à suivre Jésus, le Christ. Pas de faveurs, mais une vie offerte comme lui. On cherche juste à accomplir ce que lui-même ferait s’il était là à notre place aujourd’hui et dire aux Hommes sa bonté.
Je vois bien que tous ceux que je rencontre savent que la vie humaine passe un jour par la croix, la destruction, l’anéantissement. Je vois que beaucoup en ont peur, je vois que très peu espèrent en la résurrection de Jésus le Nazaréen. Alors, ils ne comptent que sur eux, sur leur prudence, leurs sécurités, leurs acquis. Moi aussi, je sais que la vie est toujours crucifiante, que la vie est marqué par la finitude, que la vie est à la fois ce qui crée en nous les joies mais aussi ce qui apporte les souffrances. Je ne suis pas différents de ceux que je rencontre. Sauf qu’au fond de moi, inexprimable, il y a une espérance, ou plus exactement la décision d’espérer dans une vie d’éternité. Est-ce que je rêve ? Est-ce une chimère ? Est-ce une folie ? Est-ce une juste décision ? Je ne sais, mais j’aimerais que beaucoup portent cette espérance qui ne peut nuire à la prise en compte du réel, de la vie telle qu’elle se présente, belle et cruxifiante à la fois.
Alors mon souhait est que les plages polluées renaissent de l’intelligence des êtres, que les Hommes renaissent à une foi plus intelligente et moins archaïques, que nos vies crucifiées renaissent à la Vie indestructible promise par Jésus de Nazareth. Bonne fin d’été.