ILS ONT FAIM !
Chronique RCF du jeudi 19 avril 2007
Bonjour,
Je ne voudrais pas à travers ces quelques mots vous culpabiliser. Je voudrais simplement rappeler que dans notre beau pays, des hommes et des femmes ont faim. Quand on parle du problème de la faim, ce n’est pas immédiatement à la France que l’on pense. L’Afrique mais aussi le Moyen Orient, l’Amérique latine, et quelques autres parties du monde sont touchés par ce fléau. En fait, sur 190 pays membres de l’ONU, 87 sont aidés pour faire face à des pénuries plus ou moins graves de famine ou de malnutrition.
Je disais volontiers à quelqu’un qui parlait avec moi du péché, c'est-à-dire de ce qui peut blesser l’amour de Dieu, que très souvent on parle de péché dans l’Eglise et dans la société à propos des mœurs des gens. Or je pense que le pire des péchés, c’est d’oublier son frère, celui qui souffre, celui qui vit la solitude, celui qui meurt de faim. Ne dit-on pas dans l’évangile que lorsque l’on donne un verre d’eau au plus petit, c’est à Jésus lui-même qu’on le fait ? En ce sens inverse, on peut penser que les refus de partage est aussi un refus de Jésus et de son message d’attention.
La France ne vit certainement pas la même situation que différents pays du monde qui vivent à cause des conflits une souffrance supplémentaire : la faim. Mais je dois dire que je rencontre chaque semaine des gens qui ont faim. Cette situation est due à plusieurs problèmes. L’endettement de certains foyers fait que le budget nourriture est amputé au maximum. Je ne parle pas d’équilibre alimentaire, je parle d’avoir même suffisamment à manger. Quand un couple a des dettes, les contraintes sont telles qu’il faut comme on le dit « serrer la ceinture ». Pâtes, riz, et pommes de terre. Savez vous d’ailleurs que depuis l’an 2000, nos bonnes patates ont subit 1700 % d’augmentation ? Elles deviennent presque un luxe.
Il y a aussi ceux et celles qui n’ont pas le droit de travailler. Venant d’autres pays, n’ayant pas de titre de séjour en règle, ils vivent en clandestin. Ils ne peuvent s’inscrire dans les banques alimentaires municipales où ils risquent d’être fichés. Les restos du cœur sont actuellement fermés. L’association va rouvrir ses portes à la fin mai pour toutes les personnes qui touchent moins que le RMI (soit environ moins de 400 €). Toutes ces personnes sont dans une grande difficulté alimentaire. Il ne s’agit même plus de « se serrer la ceinture ». La question est, chaque jour : « aurons nous quelque chose à manger ? ». Certaines solidarités familiales ou amicales existent mais ne suffisent pas et je vois ceux que je connais maigrir, non pas grâce à une nourriture équilibrée faite de fruits et légumes mais par manque du minimum alimentaire.
En ces jours où nous fêtons la résurrection, je ne peux personnellement dire : « je crois en la vie » et en même temps me désintéresser de ceux qui aujourd’hui ont faim, ici et ailleurs dans le monde. Il n’y a aucune raison d’opposer deux souffrances identiques, mais il faut plutôt en prendre conscience. Alors chacun sait qu’il peut faire quelque chose. Chacun n’est pas chargé de l’impossible mais pour celui qui le peut, le partage est possible. L’hiver est parti et les risques de mourir de froid disparaissent, mais je vous en prie, que le beau temps ne nous rendre pas insouciants.
A la semaine prochaine.
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