Ecoute et tends l'oreille
Chronique RCF du jeudi 07 février 2008
Bonjour,
Avec les jeunes de la JOC, j’ai vécu le week-end dernier une récollection. Avec une dizaine de jeunes on s’est mis à l’écart. Une chance, les téléphones portables ne passaient pas, le calme était donc possible. Finis les textos et les appels constants. Notre récollection portait sur le thème de l’écoute. Dans un monde où le bruit est continuel, dans un monde qui s’agite en tous sens, cette réco nous invitait à nous asseoir, pour écouter notre cœur, écouter les autres et écouter Dieu nous parler dans notre histoire.
À travers des jeux, des mises en situation, nous avons expérimenté l’écoute. Pour nous présenter, nous étions dos à dos, chuchotant nos passions, nos goûts, nos rêves. Nous avons pris conscience que souvent nous croyons écouter mais comme dit le proverbe : « Ça rentre par une oreille, ça sort par l’autre ». Or les jeunes ont besoin d’écoute. C’est ce que nous avons fait tout le dimanche matin. En petite équipe, chacun pouvait dire comment il se sent écouté dans sa vie, comment il écoute les autres, comment le silence lui plaît ou lui fait peur. Ha ! le silence. À l’époque où les MP3 sont rivés aux oreilles, où la musique est constante dans les maisons, parler du silence était un vrai régal, faire silence avec eux était bienfaisant. Silence pour écouter l’autre qui parle et respecter sa parole, silence pour confier à Dieu dans la prière ce qu’on porte et ceux qu’on aime.
Un des jeunes nous a livré son témoignage. Il nous a dit comment, lors d’un voyage en Afrique, il avait mesuré que les mots n’avaient pas le même sens, ou la même force. Il nous a partagé comment la communication n’est pas chose aisée, surtout quand on est dans des mondes si différents. Et sur le chemin du retour, il nous a même dit que le partage de son histoire avec nous lui avait fait beaucoup de bien, le remettait en route pour vivre cela en équipe JOC, en Église.
Tous les jeunes ont souligné comment l’écoute demande avant tout de la confiance entre les êtres. Certains ont dit aussi comment cette confiance a parfois été brisée, cassant en eux leur cœur et leur espoir. Mais à travers un tel week-end, ils savent que si des échecs existent, il existe des possibilités d’être écouté. Ensemble, nous en avons fait l’expérience.
Ensemble, durant cette récollection, nous avons regardé aussi l’Évangile. Le premier commandement que Dieu, par les prophètes, rappelle toujours est : « Écoute, Israël ! » Écoute, ton Dieu a quelque chose à te dire, tends l’oreille, il voudrait chuchoter à ton cœur des mots de paix, des mots d’amour. Ne sois pas sourd, replié sur toi, ouvre-toi à ma parole qui libère, qui redonne confiance. Nous avons vu que cette écoute, Jésus lui-même l’a vécue quand il partait dans le désert de bon matin, avant même que le soleil ne se lève, pour prier son Père. Nous avons vu que nous ne devons pas craindre d’interpeler Dieu du fond de notre être. Lui, qui est bon, ne saurait nous abandonner.
Le carême qui s’ouvre, c’est peut-être cela : un temps pour tendre l’oreille, faire silence, Dieu a peut-être quelque chose à murmurer à notre cœur.
À la semaine prochaine.
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