Une activité comme une autre : prier !
Chronique RCF du jeudi 13 mars 2008
Bonjour,
Vous ne le savez peut-être pas, mais je fais du sport, plus exactement du volley-ball. Je prends soin de mon corps. Je fais aussi chaque jour à manger et j’ai parfois la joie comme ce week-end de préparer un repas pour ma famille et des amis. Un bon moment partagé ensemble. Et puis chaque jour, il y a des rendez-vous pour discuter, des réunions pour organiser telle ou telle activité, et aussi des déplacements, des courriers, des coups de fil, etc. Voilà un peu ma vie. Mais au fait, je n’aurais pas oublié quelque chose ?
Ce que j’ai oublié c’est une activité presque comme une autre, mais elle ne fait pas de bruit, car elle est souvent personnelle : c’est la prière ! Car prier pour moi n’est pas un devoir. Ce n’est pas réciter un livre avec des psaumes. Prier, c’est avant tout m’arrêter, me poser, faire silence. Prier ce n’est pas réciter des prières et parler, c’est me taire, laisser reposer en moi la vie qui bouillonne chaque jour. Prier, c’est ré-accueillir ces rencontres, ces préparations de réunions, ces discussions, ces repas pour me laisser toucher, me laisser émouvoir. C’est parfois une parole exprimée par quelqu’un, c’est parfois une attitude, c’est parfois un visage qui me reviennent. Je prie avec cela. Je le laisse monter dans mon cœur, je le laisse habiter mon être intérieur. Prier, ce n’est jamais fuir le monde et ce que je vis, c’est l’accueillir en moi et le laisser parler à mon cœur.
Et puis, dans un deuxième temps, quand le silence s’est fait, quand les agitations de la vie se sont reposées, c’est accueillir la Parole de Jésus. Par un psaume, un passage de l’Évangile, j’accueille la résonnance. Je laisse mon cœur être touché par autre chose que la vie, par les gestes, les paroles, les attitudes de Jésus le Christ. Simplement, avec le silence.
Ça fait du bien. Certains d’entre vous se demandent certainement pourquoi prier. Tout simplement parce que cela me fait du bien, au cœur, à l’esprit, au corps et au mental. Prier c’est accepter de ne pas tout porter seul mais de s’appuyer sur Dieu, de remettre dans ses mains le labeur de nos mains, de remettre dans son esprit notre esprit. C’est le laisser me recréer, faire de moi quelqu’un de neuf chaque jour. Neuf parce que ce que je vis chaque jour est original, unique, et que donc chaque jour, je peux l’accueillir, le comprendre, l’aimer de façon originale, unique. Je crois bien que je peux dire aujourd’hui que je ne demande presque jamais rien à Dieu. Je lui confie ceux que je rencontre et lui demande de m’éclairer, de me donner force et ténacité face à ce que l’humanité a de déplorable, joie et reconnaissance face à ce que l’humanité porte de formidable.
Mais je crois vraiment que pour prier, il y a une condition : loin du verbiage, des mots sans cesse répétés, il faut faire silence, confier, écouter et laisser son cœur aimer ce que Jésus a dit et fait humblement. Vous voyez, prier, c’est une activité comme une autre, pardon : presque comme une autre !
À la semaine prochaine.
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