DES MOTS DOUX

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Chronique RCF du jeudi 06 mars 2008
Bonjour,
Et si on se disait des « mots doux ». Bien sûr que j’ai envie de vous en dire, chers auditeurs mais cette expression était celle qu’on a partagée à la rencontre d’éveil à la foi dimanche dernier. En effet, plusieurs dizaines de parents de tout le diocèse sont venus pour échanger ensemble sur ce thème. Nous savons que des mots doux font du bien au cœur des enfants. Mais aussi à nous, les adultes. Dans un monde où la parole est souvent violente, brutale, les mots habités de douceur ne seront jamais de trop ; bien plus, ils sont ce qui construit le monde, les relations. Ces mots sont divers : « je t’aime, je t’écoute, dis-moi » mais aussi « aie confiance, avance, je sais que tu peux, tu peux compter sur moi » et tant d’autres. Est-ce que nous avons l’occasion de dire des mots doux dans une journée ? Et est ce que nous en accueillons pour nos vies ? Les doux mots, c’est comme un baume qui rentre dans le corps, c’est comme un parfum qui emplit nos narines, c’est une émotion qui comble notre cœur.
Éveiller la foi des enfants, c’est déjà leur permettre de faire cette expérience des mots doux et qu’ils éprouvent l’effet de ces mots en eux. Une parole qui produit du fruit : de la reconnaissance, de la confiance, de l’espérance. Mais c’est important que cette expérience humaine rejoigne, pour nous qui désirons suivre Jésus le Christ, les mots qu’il a dits pour nous. Lui aussi a prononcé bien des mots doux. Parfois il était très ferme pour remettre en cause l’attitude souvent aveugle des hommes, mais il était capable d’une douceur infinie, qui devrait nous faire comprendre que Dieu est ce Père – cette Mère – qui sait souffler au cœur de chacun les mots doux de son amour. L’attitude de Jésus parlait d’elle-même : quand il accueille les enfants et les donne en exemple, quand il pardonne, quand il rassure dans la tempête, quand il dit : « La paix soit avec vous. » Ne serait-il pas intéressant de relire l’Évangile avec cette seule clé : relever les paroles, les gestes, les attitudes qui montrent la douceur de Jésus, lui, notre aîné dans la foi.
Si les êtres humains s’engageaient chaque jour à trouver les mots doux, à ne pas s’endormir le soir sans en avoir exprimé autour d’eux, notre monde changerait. Tout le monde en est conscient, mais on oublie, on se laisse emporter par nos émotions et l’on retrouve très vite nos petits démons : désir d’avoir raison, plaisir de contrarier, volonté de s’imposer. Et pourtant c’est sûr, toutes les attitudes qui expriment la confiance et le respect, l’affection et le désir d’unité, construisent une terre plus belle. Quelle joie quand on peut s’endormir avec cette certitude simple d’avoir partagé ces doux mots qui font vivre.
Alors que j’écris ces mots, j’apprends que Pierre Berthelier, un prêtre du diocèse et membre du Prado, viens de partir de notre terre. Il est de ces hommes de foi qui savaient se réjouir de toute chose, on l’a même parfois appelé entre nous Pierre le ravi. Son regard savait discerner ce qui était bon et sa parole savait dire ces mots doux qui font du bien à ceux qui les reçoivent.
Alors permettez-moi : Merci, Pierre, et merci à vous qui m’écoutez (me recevez par mail). Allez, on essaye de dire quelques mots doux aujourd’hui et ce soir nous aurons le cœur en paix.
À la semaine prochaine.

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Publié dans Société

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