Un été divin !
Chronique RCF du jeudi 26 juin 2008
Bonjour,
Voici une dernière chronique pour cette année. Impossible de faire un bilan, une rétrospective, un retour global. La vie s’est enchaînée simplement comme pour chacun de vous. Beaucoup de joie, beaucoup de rencontres, des célébrations, des combats aussi.
Je donne mon regard sur des évènements de ma vie et du monde et je sais que certains sont parfois surpris de ma parole, et même gênés qu’un prêtre parle de tant de choses diverses. On me préfèrerait certaines fois un peu plus tourné sur la sacristie de nos églises et un peu moins soucieux de ce qui se passe dans le monde. Mais je ne peux m’empêcher car pour moi, tout est lié.
Annoncer la résurrection de Jésus n’est pas un fait étranger à la vie de notre monde. Quand un couple se remet en route, quand des personnes redémarrent une vie nouvelle alors qu’elles pensaient ne plus pouvoir aimer ou être aimées, quand la paix se construit entre des peuples, c’est résurrection. Annoncer l’Évangile, la Bonne Nouvelle, n’est pas sans liens avec la vie du monde. Quand nos responsables politiques et économiques prennent des décisions, quand ces décisions servent l’intérêt de tous, quand elles n’accroissent pas l’inégalité, la Bonne Nouvelle est vécue. À l’inverse, quand les intérêts de quelques uns font oublier le bien commun, quand chaque citoyen ne pense qu’à lui, quand le plus pauvre est laissé de côté, c’est comme si on rejetait l’Évangile.
Personnellement, je pense qu’on oublie trop souvent le but de la foi. Le but de la foi, de notre confiance en Dieu, est de travailler à l’unité en nous et entre nous. Les chemins, les initiatives qui se vivent avec amour, amitié, fraternité, construisent cette unité. Les attitudes qui rejettent, qui replient, qui ferment les yeux et la conscience empêchent ce travail de l’unité. La foi n’est pas d’abord des dogmes, la foi c’est une confiance simple en la présence de Dieu qui réalise en nous l’unité entre notre cœur et nos paroles, entre nos pensées et nos actes, entre l’humanité que nous portons et la divinité que nous portons tout autant. On oublie de dire aux hommes qu’ils sont divins, qu’ils sont participants de la vie de Dieu. Pour nous chrétiens, rien n’est séparé. L’humanité et la divinité sont appelés à ne faire qu’un, la foi et l’action sont appelées chaque jour à s’unir par le moyen de l’amour du prochain et du pardon offert.
Il est normal qu’un prêtre se mêle de ce qui le regarde : la vie du monde et qu’il essaye, avec ses limites de pensées, de regards, d’analyses, de prononcer une parole qui unifie cette vie à la vie du Christ Jésus.
Je pense que beaucoup de gens viennent à l’église le dimanche pour trouver la présence de Dieu, méditer, écouter l’Évangile, mais peu viennent en ayant conscience qu’ils sont appelés à l’unité. Peu se disent : « Je vais retrouver des gens différents, que je ne choisis pas, que peut-être même je n’aime pas, mais ensemble on est appelé à l’unité et notre foi commune nous lie. » Pourtant je pense que nous pouvons penser le rassemblement du dimanche sous cet angle d’une invitation à l’unité.
Alors, puis-je vous souhaiter un été qui permette avec des activités diverses de faire progresser l’unité dans ce monde qui souffre de trop de divisions ?
Je vous souhaite en fait un été Divin.
Je vous souhaite en fait un été Divin.
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