Loi et amour : un combat sans fin !

Publié le

Chronique RCF du jeudi 11 septembre 2008.

Bonjour,
Dimanche dernier, j’entendais cette phrase de saint Paul, comme beaucoup de chrétiens dans les églises : « L’accomplissement parfait de la Loi, c’est l’amour ». Pour Paul, la seule loi est celle de l’amour. Chaque jour, nous obéissons sans nous en rendre compte à une multitude de lois. On essaye de respecter le code de la route, on déclare ses revenus, sa situation familiale, le code du travail, le code civil, le code de la famille, la loi sur la laïcité, sur les associations, sur les entreprises. Même si les journaux parlent souvent de ceux qui sont hors la loi, la majorité des habitants de la France vivent selon les règles de notre république.
Mais très souvent nous ne sommes pas heureux des lois. Je pense que les hommes, et bien sûr je m’inclus dedans, suivent les lois qui les arrangent et souvent rejettent celles qui les dérangent. C’est certainement un aspect de la nature humaine mais la loi, je devrais dire les lois, ne nous dérangent pas tant qu’elles ne nous contraignent pas trop. Et ne dit-on pas pour se déculpabiliser de ne pas les suivre que « les lois sont faites pour être transgressées ».
Aujourd’hui les lois sont nombreuses. On est loin des dix commandements. Et régulièrement, nous luttons contre certaines lois quand nous les jugeons injustes. Car la loi évolue parfois en fonction de l’opinion publique. Beaucoup de réformes ont été repoussées ou annulées grâce aux manifestations des citoyens. Certains aujourd’hui voudraient faire évoluer des lois sur le droit à l’adoption, sur le PACS, sur le droit des étrangers, pour un partage plus grand avec les pays en développement. Certains voudraient qu’on crée des lois nouvelles sur l’euthanasie ou sur l’interdiction totale des OGM.
Ce qui se passe dans la société est parfois aussi attendu de la même façon dans l'Église. Certains souhaiteraient que jamais quelqu’un ne puisse être exclu de l'Église surtout pour des questions matrimoniales. Certains aimeraient un assouplissement de la loi du célibat pour les prêtres. Les règles liturgiques pourraient aussi évoluer, dans un sens ou dans l’autre. Là aussi, comme dans la société, les évolutions se feront en partie en fonction de l’opinion des chrétiens.
La loi n’est jamais figée. Elle est toujours en tension entre le désir de liberté des êtres et le bien commun, ou ce qui est nécessaire pour arriver à vivre ensemble. C’est un arbitrage entre des intérêts souvent opposés. Ce qui est insupportable dans une loi, c’est quand elle créé l’injustice. La loi est ce qui met des limites pour vivre ensemble, pour que l’homme ne fasse pas de mal. Si on arrivait à aimer, à respecter, à chercher toujours le meilleur pour l’autre, si on avait spontanément le désir du partage, de la solidarité, si on arrivait à toujours respecter nos engagements, nos paroles, il n’y aurait plus besoin de loi. Je vous invite tous à un sursaut d’amour, d’esprit de justice et d’attention pour transcender les lois.
À la semaine prochaine.
Publicité

Publié dans Société

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article