Vœux d’ouverture !

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Chronique RCF du jeudi 08 janvier 2009.

        Bonjour,
        Le début de l’année est le moment où l’on formule des vœux. On souhaite la bonne année, la santé, la paix, la joie, tout ce qui peut être bon pour l’humanité. Bien sûr je formule aussi ces vœux. Mais il n’y a là rien d’original.
        Si j’avais un souhait un peu plus précis, ce serait volontiers que l’Église catholique dont je fais partie puisse donner des signes d’ouverture. Je rêve que notre Église parle de l’ordination diaconale des femmes, d’autant plus que Benoît XVI a exprimé la nécessité d’y réfléchir et qu’il est possible de l’envisager. Ce serait un signe d’ouverture. Mais il y a d’autres signes qu’on pourrait attendre.
        Le plus grand écart est certainement le discours de l’Église en matière de contraception et la réalité que vivent nombre de chrétiens dans leur quotidien. Je pense que c’est le plus grand fossé qui s’est créé entre le magistère et sa base, les chrétiens ordinaires. La seule méthode conseillée par la hiérarchie catholique s’appelle la méthode Ogino. Il s’agit de connaître les périodes de fécondité de la femme et de s’abstenir de relations à ce moment-là. Connaître son corps n’a rien de mauvais, mais dans le fond le magistère ne reconnait pas aux couples le droit de maîtriser leur fécondité, autrement que par la méthode dite « naturelle ». C’est bien dommage. Si tous les catholiques qui utilisent des moyens de contraception exprimaient leur désaccord, je pense que les oreilles des spécialistes du Vatican et de l’épiscopat pourraient peut-être entendre. On pourrait peut-être sortir d’une des plus grandes hypocrisies que nous portons. Et si je dis cela, ce n’est pas pour démolir ma communauté de foi, c’est pour qu’elle soit plus ouverte, plus vraie, plus cohérente.
        J’aimerais bien aussi que durant cette année, nous puissions dialoguer avec ceux que j’appelle les chrétiens sans église. Comme prêtre j’ai des liens réguliers avec les célébrants du dimanche et ceux qui participent d’une façon ou d’une autre à la vie de la paroisse ou des mouvements. Mais combien sont-ils les chrétiens qui se sont éloignés de la structure ? Si on leur demande s’ils sont croyants ils diront « oui » sans hésiter. Mais l’Église c’est une autre histoire. Ils ont parfois été déçus, pas écoutés, choqués, blessés. Ils ont pris une distance, le temps est passé sans contact précis et puis on ne sait plus ou pas comment reprendre des liens. Oui j’aimerais pouvoir dialoguer avec ces croyants. Leur présence, leur point de vue, leur expérience humaine et croyante nous manquent bien souvent.
        Il y a bien sûr bien d’autres attentes, bien d’autres vœux dans mon cœur mais on ne peut jamais tout dire. Alors je m’arrête là, en espérant que ces mots trouveront un écho au cours de l’année et que, pour ce qui dépend de moi, j’arriverai à vivre ces souhaits. Bonne année 2009 et que la joie profonde vous accompagne.
        À la semaine prochaine.
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