Nouvel évêque, nouvelle page à écrire

Publié le par Boyer Stephane

Chronique RCF du jeudi 27 avril 2006.
Bonjour,
Pour les chrétiens catholiques de Saône-&-Loire, c’est une nouvelle page qui va s’écrire. L’arrivée du nouvel évêque est le signe d’un passage. Personne ne peut savoir l’avenir et ce qu’on en fera tous ensemble, mais on peut au moins savoir à quel défi ce nouvel évêque va devoir répondre et si possible avec nous, avec ceux qui le veulent.
Le premier défi sera de recréer des liens entre les prêtres, des liens sincères. Aider les uns et les autres à se parler, à donner leur regard différent en se respectant. Il sera nécessaire qu’il puisse impulser cet esprit nouveau. Ne pas jouer la division mais travailler à une unité qui s’appuie sur les talents de chacun et non sur la défiance. Il sera nécessaire de répartir sur les 55 paroisses et les services nécessaires au diocèse la force des 70 prêtres qui ont moins de 65 ans. Il va être indispensable d’inventer et de redéfinir de façon plus claire le rôle et la mission des prêtres.
Permettez-moi aussi de vous dire que pour des prêtres de ma génération qui n’ont connu que Raymond Séguy, il va falloir apprendre à travailler avec ce nouvel évêque et apprendre ce qu’est une vraie collaboration. C’est, bien sûr, une de mes espérances à l’orée de cette nouvelle étape. Notre Église ne pourra s’adapter, se laisser transformer que si le dialogue est récréé, si l’échange de regards, d’opinions est autorisé. Alors, dans la diversité, de nouvelles pratiques pour la vie de nos communautés pourront naître.
Un autre défi qui attend Benoît Rivière, le nouvel évêque, à mon avis, est celui de parler de l’Évangile sans moralisme. Dans notre société, la morale empêche de faire entendre la force de liberté de l’Évangile, de la parole de Jésus. Il n’est pas venu instituer un ordre moral mais ouvrir l’avenir de chaque vie et susciter un monde de justice. Chacun, bien sûr, doit trouver sa réponse pour incarner ce qu’il comprend de la Parole du Christ. Mais il est indispensable de parler de l’Évangile sans utiliser les carcans d’un monde dépassé. Il y a toujours une fraîcheur dans les paroles du Christ. Il dit à chacun : tends l’oreille, écoute la voix en toi, aime – aime et ouvre des chemins de pardon, même si c’est dur en toi —, vis et donne vie sans compter par tes regards de tendresse et tes mains nues offertes. C’est de cet Évangile qui appelle au bonheur que notre société a profondément besoin. Mais il est indispensable de s’affranchir des carcans institués par l’héritage des siècles. Oui, j’espère que cette parole, nous pourrons ensemble la faire résonner.
Je pense aussi qu’ensemble nous devrons faire face au défi du vieillissement de nos communautés chrétiennes et du plus petit nombre. Ce n’est pas un secret, il suffit d’aller dans une église le dimanche pour voir que la moyenne d’âge est élevée. Il sera bon de chercher de nouvelles formes de partages, de prières, de célébrations, de soutien mutuel, de vie fraternelle. Regarder sans esquiver cette réalité serait sain « S. A. I. N. ». J’espère notre nouvel évêque aura quelques-unes de ces audaces et sûrement d’autres dont je n’ai pas l’idée et qu’ensemble nous oserons inventer, faire du neuf. Une phrase de l’Évangile ne dit-elle pas : « À vin nouveau, outres neuves ». Me permettez vous de dire : « Ainsi soit-il ! »
À la semaine prochaine.
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Publié dans Foi-spiritualité

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