Appelés à vivre des renoncements
Chronique RCF du jeudi 04 mai 2006.
Bonjour,
Nous sommes appelés à des renoncements. Nous le voyons avec le prix du pétrole, notre société qui a consommé à outrance depuis la 2ème guerre mondiale va devoir apprendre à vivre en économisant l’énergie, en pensant au futur et pas seulement à la satisfaction personnelle. Nous allons devoir changer nos comportements. Cela est appelé par certains experts la décroissance. Proposer par des associations, des économistes, cette idée trouve aussi aujourd’hui des partis politiques qui vont intégrer dans leur programme cette notion : consommer moins et autrement.
Cela va conduire chacun de nous à des renoncements. Alors qu’il faudrait décider ces choix et non les subir, c’est souvent le porte-monnaie qui impose sa loi. Nous pouvons donc dès maintenant essayer de consommer moins de papier, chercher la suppression des emballages inutiles, baisser notre chauffage en hiver et ne pas abuser des climatiseurs en été (nous avons bien vécu pendant des années sans climatisation), acquérir des véhicules moins polluants et préférer les transports en commun, préférer manger local plutôt que faire circuler les marchandises sur des milliers de kilomètres, développer le solaire, l’éolien, l’hydrogène, toutes ces énergies renouvelables et non polluantes, aider les pays pauvres à ne pas reproduire nos propres erreurs et mettre en place dès maintenant avec eux des solutions respectueuses de l’avenir de la planète. Et sûrement encore pleins d’autres initiatives.
Certains diraient qu’il faut donc changer nos comportements. Je pense qu’il serait bon aussi de parler de renoncement. Avec cette simple interrogation pour chacun de nous : beaucoup de choses sont possibles ; mais est-ce souhaitable pour l’avenir de l’humanité ?
Il y a des renoncements qui nous sont imposés par les limites de la vie. Renoncer n’est pas négatif, c’est choisir. Quand un couple s’engage dans le mariage, les conjoints se disent Oui l’un à l’autre et renoncent aux autres hommes ou femmes de la terre pour essayer de construire ensemble un chemin de bonheur. Chaque jour, nous choisissons et donc nous renonçons. Renoncer au « toujours plus » sera donc choisir non pas l’ascétisme mais la maîtrise de soi et de sa consommation.
J’entendais l’autre matin une femme dire que, depuis qu’elle est au chômage, elle prend conscience de ce qui est superflu dans sa vie. Elle saisit mieux ce qu’est l’essentiel et cela ne l’empêche pas d’avoir beaucoup de forces pour sortir de sa situation. Mais elle est passée par cette expérience du renoncement, du manque, pour re-découvrir, au-delà de la surabondance, ce qui donne goût à l’existence.
On imagine ce qu’est le renoncement quand on pense aux malades, pour qui tout est limité, pour qui la souffrance oblige parfois à renoncer à des simples choses de la vie, comme manger de bonnes choses. Le renoncement peut être insupportable, sauf si l’espérance de guérir permet de passer ce cap. Je crois que tout renoncement peut se vivre bien, pourvu que ce soit dans l’objectif d’un autre bonheur, d’une satisfaction différente. N’attendons pas ! Discernons, choisissons, renonçons à ce qui ne construit pas l’avenir. C’est à chacun de nous d’agir avant que tout cela ne s’impose à nous. Le renoncement, le choix est un vrai chemin d’humanisation de notre vie.
À la semaine prochaine.
Publicité