Baden Powell. Pas si vieux que ça
Chronique RCF du jeudi 11 mai 2006.
Bonjour,
Au cours du week-end dernier, alors que la France célébrait la fin de la guerre, j’étais pour ma part, avec un mouvement international de paix et de fraternité mondiale. Je participais aux journées nationales des Scouts et Guides de France à Jambville. Oui, le mouvement Scouts et Guides de France, à la suite du fondateur du scoutisme, Baden Powel, continue de proposer la paix, de travailler à la paix entre les peuples en permettant des rencontres en Scouts de tous pays. Ce sera d’ailleurs un des axes forts de l’année 2007, où nous fêterons le centenaire du Scoutisme. Nous souhaitons à cette occasion faire un cadeau au monde, offrir une promesse : s’engager ensemble, les 28 millions de Scouts et Guides du monde, pour la paix.
Au cours des ces trois jours de rencontre, nous avons vu un film qui raconte le grand rassemblement qui avait eu lieu à Moisson. À ce Jamboree, il y avait des scouts de tous pays. De France, bien sûr, mais aussi d’Allemagne, d’Angleterre, d’Afrique, et je ne peux citer tous les pays. Il y a des Scouts de toutes confessions religieuses qui prient au même moment chacun à leur façon, sans oublier ceux qui n’appartiennent à aucune confession religieuse et qui ensemble partagent et cherchent un chemin d’humanité. Mais j’ai oublié de vous dire : ce rassemblement si respectueux de chacun, où scout allemand et du monde se côtoient, c’était en 1947, au sortir de la guerre. Permettez-moi de vous dire ce que je pense : le Scoutisme avait vraiment une longueur d’avance sur le respect des religions et la fraternité mondiale. Avoir ce regard sur l’histoire me fait encore plus apprécier ce mouvement et être fier d’en être membre.
Au cours de ces journées, les 5 000 responsables du mouvement ont réfléchi ensemble à leur engagement. Car c’est un véritable engagement que de donner bénévolement du temps pour l’éducation de jeunes de 6 à 21 ans. C’est un acte volontaire, dont beaucoup peuvent rire, et pourtant il construit aujourd’hui des liens, des histoires ; cet engagement façonne des êtres humains. Au cours d’une des veillées, les compagnons – les 17/21 ans – nous ont présenté des projets qu’ils avaient réalisés. Souvent, à ce âge, on désire partir au loin et découvrir le monde (je l’ai moi-même vécu en 1983 en allant à la rencontre des Scouts Comoriens). J’ai beaucoup apprécié ce que nous ont partagé une équipe de compagnons. Leur projet, leur engagement a été d’aller chaque jour durant cinq mois et à tour de rôle, aider une personne âgée, qui a la maladie d’Alzheimer, à prendre chaque jour ses médicaments et son repas du soir. Et quand nous avons vu sur les écrans géants Lucienne nous faire avec un grand sourire le salut Scout, nous avons mesuré la joie que ces jeunes lui ont donnée. Ils n’ont pas été loin en distance mais à tous les six, ils ont été fidèles et persévérants dans un engagement, une présence auprès de Lucienne.
À cette image, le scoutisme et guidisme doivent certainement en France retrouver cette notion de service, d’utilité sociale. Notre mouvement ne doit pas être seulement un lieu de jeu, c’est en agissant qu’on éduque, c’est en réalisant des projets au service des autres qu’on réalise l’objectif du Scoutisme : faire des citoyens utiles, actifs et heureux. En ce sens, notre mouvement est bien d’actualité.
À la semaine prochaine.
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