Cré-acteurs !
Chronique RCF du jeudi 16 avril 2009.
Bonjour,
En ce jour, j’aimerais vous partager en vrac deux éléments de ma vie et quelques réflexions.
En premier lieu, je voulais dire merci à mes collègues et aux laïcs qui ont organisés la veillée pascale samedi dernier. Depuis quelques années nous invitons systématiquement les jeunes de 6ème qui vont faire leur profession de foi et leurs parents pour qu’ils vivent au moins une fois dans leur vie cette célébration fondamentale pour notre foi. Mardi soir lors d’une réunion de parents, plusieurs ont partagé leur joie d’avoir découvert cette célébration. Loin d’être une veillée pascale classique, la créativité était très présente. On commençait au pied de la croix. Les quelques lectures sobres qui ont été partagées étaient accompagnées soit de calligraphies réalisées en direct, soit de chants. L’offertoire et le chant de communion étaient dansés. Le parfum et la lumière diffusés. Le baptême de Céline, adulte de 26 ans, simple et éclairé par un partage sur son parcours. Cela me pousse à penser qu’il est utile et salutaire pour notre Église d’être créative dans sa liturgie aujourd’hui pour qu’elle parle à tous les sens de l’être. Quand on est créatif, qu’on cherche une mise en scène sobre mais belle, qu’on permet à des talents artistiques de s’exprimer, la bonne nouvelle du ressuscité se partage et se célèbre avec une joie profonde. Elle touche les jeunes et les adultes, elle devient parlante.
Dans un tout autre domaine, je termine actuellement la lecture du dernier roman de Ken Follett qui s'intitule Un Monde sans fin. C’est passionnant. Situé en Angleterre au XIVesiècle, ce roman raconte l’histoire de tout un village autour d’un monastère. Le roi, les princes locaux, les ouvriers, les commerçants et les brigands, les moines et les religieuses qui soignent, c’est une multitude de personnages qui peuplent ce récit. Mais derrière l’histoire se glissent des questions fort intéressantes : la place des femmes vis-à-vis des hommes est discutée, le rôle de l’argent, de l’enrichissement, de la volonté de l’être humain de gagner plus, de vivre mieux est présenté, la question de l’obscurantisme suscité par une foi bien peu profonde liée à l’immobilisme est exposée, le passage d’un monde de serfs à l’indépendance du monde agricole est montré. C’est très intéressant de lire un tel ouvrage au moment même où l’on vit un questionnement identique au sein de notre monde. Quelle est la place de l’argent dans notre monde ? Qu’est ce que l’égalité homme/femme dans notre société et sur l’ensemble de la planète ? Comment des cultures se mélangent et s’interrogent mutuellement ? Comment la foi fait découvrir le sens de l’autre ou comment elle replie sur un système ? Tous ces thèmes sont abordés. Je trouve qu’ils sont tous d’actualité, même si la trame du roman se passe au XIVe siècle. Comme quoi, même en se détendant avec un roman, on peut trouver une source de réflexion pour nous aujourd’hui.
Y aurait-il un point commun entre la veillée pascale et ce roman ? Dans les deux cas, il y a un acte de création et cela nourrit l’esprit et la réflexion sur ce que nous voulons vivre. Merci à ces créateurs.
À la semaine prochaine.
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