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Chronique RCF du jeudi 17 septembre 2009.
Bonjour,
L’activité parlementaire est reprise. La loi, c’est ce qui régit notre vie ensemble, c’est ce qui doit nous permettre de coexister, mieux encore de permettre à chacun de vivre dans la liberté et le respect de l’autre, qui lui donne un cadre pour exercer cette liberté et son initiative.
Quand on parle de la loi Hadopi, beaucoup de personnes se sentent concernées. Une loi sur le téléchargement touche bien sûr beaucoup de Français. On a même l’impression que tous les Français téléchargent des musiques, des films, des jeux de façon illégale. Bien sûr, cette loi va chercher à proposer une solution pour que les créateurs soient respectés dans leurs droits. Mais cette loi sera sûrement contestée et surtout contournée. Car c’est fou ce que l’être humain est capable d’inventer techniquement pour contourner les sécurités, les contrôles informatiques. Sans parler qu’il risque aussi d’y avoir des innocents emportés dans la tourmente.
Si je me réjouis beaucoup de la mobilisation des citoyens pour défendre leurs points de vue sur le téléchargement, je me pose la question des autres lois. Nos parlementaires vont parler sous peu de la loi pénitentiaire. Ce qui se passe dans les prisons françaises intéresse bien peu de monde. La remarque qui est souvent faite est que si certaines personnes sont en détention, c’est qu’elles ont fait des choses illégales. Alors améliorer la vie en détention, réfléchir et proposer des vrais chemins pour la réinsertion des prisonniers, intéresse très peu de citoyens et nos politiques nous diront qu’ils sont sans moyens financiers pour permettre des solutions. Car travailler à la réinsertion, c’est accompagner les détenus. C’est trouver des éducateurs, des assistantes sociales, des psychologues, qui aideront chacun à créer son avenir. Combien de citoyens seront attentifs à la future loi sur la détention ?
Il en est de même pour la question du juge d’instruction. Notre Président de la République veut sa suppression. Il ne veut pas améliorer le fonctionnement de la justice, il veut changer la façon de faire l’instruction. Il faut une réforme de la justice pour éviter des situations dramatiques comme l’affaire d’Outreau, mais une vraie collégialité aurait sûrement été plus efficace que la réforme proposée aujourd’hui. La justice manque de moyens. Les budgets pour faire les investigations nécessaires à l’établissement de la vérité sont souvent mangés dès le milieu de l’année. Comment permettre aux juges de travailler dans des conditions sereines ? Comment permettre aux juges de ne pas être sous la pression du politique dès qu’une affaire sensible voit le jour ?
Que ce soit la loi sur la détention, que ce soit la loi sur la suppression du juge d’instruction, ces lois nous concernent. Et pourtant il n’y a aucune mobilisation des citoyens pour dire : c’est nos prisons, c’est notre justice. Notre société est d’une passivité très grande. Dès que les citoyens ne se sentent pas concernés, ils ne se soucient de rien. Mais la justice, chacun de nous peut y être confronté un jour, la prison aussi, au moins pour un proche, si ce n’est pas pour soi. Alors réveillons-nous, informons-nous et exprimons à nos députés ce que nous pensons et voulons pour notre pays.
À la semaine prochaine.
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