La maladie !
Chronique RCF du jeudi 24 septembre 2009.
Bonjour,
Elle nous tombe souvent dessus sans prévenir et elle vient nous blesser et parfois même nous détruire ! Elle vient changer la vie et bouleverser celle de ceux qui nous entourent. Elle crée la peur pour soi et pour les autres. Elle nous fait mesurer le bonheur du quotidien et redonne de la valeur à chaque geste ! Je veux parler de la maladie.
Suivant les moments, la maladie est plus ou moins présente dans notre quotidien. Il se trouve qu’en ce moment par différentes connaissances elle refait surface plus fortement dans ma vie et dans mon ministère. La maladie crée toujours en moi un premier réflexe de peur. Puis quand on arrive à parler avec celui ou celle qui porte la maladie, tout change. Surtout si on se voit assez souvent. Notre attention n’est plus seulement focalisée sur la maladie mais on peut parler de plein d’autres choses.
La maladie vient créer en nous l’incompréhension et la révolte. Pourquoi ? Pourquoi ? C’est des milliers de fois que ce mot revient dans notre tête et que notre cœur s’interroge. Et même si, parfois, il nous semble que nous trouvons des raisons, en fait il faut bien reconnaître que tout cela nous échappe. Le corps nous échappe. La maladie l’emmène. Et toujours pourquoi ? Pourquoi ?
Je crois que la maladie appelle une lutte mais aussi à un moment ou un autre un consentement. Consentir à la réalité de la maladie n’est pas s’y abandonner mais la reconnaître et avoir une chance qu’elle n’envahisse pas le dernier espace de notre liberté, notre conscience, notre intelligence, notre moral. Au moins tant que la conscience nous accompagne, ne nous abandonne pas.
La seule chose que je demande dans ma prière face à la maladie et pour ceux que j’accompagne, ce n’est pas la guérison mais la force et la douceur de l’Esprit de Dieu. La douceur de l’Esprit qui vient consoler, apaiser, comme une brise légère qui vient frôler notre être. La force de l’Esprit pour moi-même, pour ne pas fuir, pour ne pas me dérober. Je reconnais que comme beaucoup je ne suis pas un homme fort mais fragile. J’ai besoin de la force de l'Esprit pour rester dans le dialogue. J’aspire à cette présence de l’Esprit quand il n’y a plus rien d’autre à faire ou à dire que la simple présence, la main qui est tenue, la peau collée à la peau, le toucher, dernier contact avec le vivant de chacun. Ultime moment mais peut être un des plus essentiel d’une existence.
La maladie fait partie de notre existence, de plus ou moins loin, ou plutôt de plus ou moins près. Elle peut nous faire saisir ce qui est important et qui n’a rien à voir avec les valeurs de notre société marchandisée. La maladie, je devrais dire les maladies, nous renvoient à notre vulnérabilité et en même temps à ce qui fait le cœur de notre être et de notre motivation : poursuivre le plus paisiblement possible notre route avec ceux que l’on aime et ceux que nous avons encore à connaître et à aimer !
.À la semaine prochaine.
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