COMMENT VIVRE LA PAROISSE ?
Chronique du 21 septembre 2006.
Bonjour,
Avec la rentrée, c’est l’occasion de réfléchir un peu plus sur le fond ce que nous voulons vivre en paroisse. La paroisse est une réalité complexe car elle est généraliste. Comme responsable de paroisse, ma question assez centrale est souvent celle-ci : comment rassembler, unifier, permettre à des gens très divers de faire ensemble une vraie communauté ?
La paroisse accueille les habitués, ceux qui viennent prier mais aussi ceux qui ont des responsabilités diverses : accueil, comptabilité, entretien, catéchisme, préparation au baptême ou mariage, responsable des funérailles, sans parler des divers groupes qui se réunissent. Mais au-delà des habitués, il y a tous ceux qui demandent un service. On ne les voit que pour un sacrement, comme le baptême, ou le mariage, ou plus tristement lorsqu’ils sont confrontés à un deuil. Et puis, il y a les occasionnels, qui viennent à Noël et aux Rameaux.
Dans une paroisse, il y a des personnes qui ont des choix, des opinions politiques, des sensibilités religieuses diverses, sans parler même des options musicales. Sur une paroisse comme la mienne à Chalon, il y a aussi beaucoup de diversités culturelles. Les chrétiens originaires d’Afrique, du Vietnam, du Laos, du Portugal, de Pologne sont nombreux. Ils ont leurs rites, leurs repères religieux qui sont souvent différents.
D’où la grande difficulté des paroisses (la mienne, mais aussi je pense la plupart des paroisses) : comment faire de ces individus une vraie communauté de partage qui marche ensemble à la suite du Christ Jésus ? Comment ne pas faire de nos paroisses un grand supermarché où chacun vient « consommer », saisir ce qui l’intéresse et ne pas se soucier de ce qui l’ennuie ? Dans une famille, on peut être heureux de manger de bonnes choses ensemble mais il est indispensable que quelqu’un ait fait à manger et que d’autres fassent la vaisselle. N’est-ce pas l’inverse qui se passe assez souvent dans nos paroisses ?
Je pense que la difficulté de nos paroisses vient surtout du fait que chacun pense pouvoir vivre sa foi, seul. Bien sûr, prier, lire l’évangile, agir selon son Esprit, tout cela est une liberté individuelle et chacun fait comme il désire. Mais peut-on être chrétien sans avoir de vie communautaire ? Comme chrétiens nous sommes dans une chaîne de transmission et la foi ne peut être un simple bagage personnel. C’est un cadeau qu’on a reçu et en même temps un trésor que nous avons à offrir à ceux qui le désirent.
La foi, la façon de l’exprimer et de l’incarner n’est pas uniforme. Aussi, être à plusieurs, faire communauté devrait permettre cet échange, non pas pour savoir qui a raison mais pour partager nos chemins personnels et nous enrichir mutuellement.
Bien sûr, il y a des lourdeurs dans les communautés chrétiennes mais pas plus que dans le monde associatif ou politique. Je crois même que nous avons vraiment la possibilité de créer ce qui nous semble bon pour ceux qui viennent. Il y a des habitudes à secouer mais je crois que tout peut bouger. Si on comprend simplement qu’on ne fait pas cela uniquement pour son plaisir personnel mais aussi pour permettre à d’autres de découvrir cette présence vivante qu’on appelle Jésus-Christ et qui anime notre existence. Chacun peut au moins se poser la question : est-ce que je peux faire quelque chose pour la communauté à laquelle j’appartiens ?
À la semaine prochaine.
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