LE TERRORISME N’EST PAS UNE FATALITÉ.

Publié le par Boyer Stephane

Chronique RCF du 14 septembre 2006.
Bonjour,
Au cours de cette semaine, on nous a beaucoup parlé, si nous écoutons ou lisons les médias, du terrorisme. Suite aux attentats de 2001, tous nos pays réfléchissent : comment lutter contre les terroristes, comment empêcher toute action sur notre territoire ? Mais on entend peu parler de ce qui engendre le terrorisme.
Le sentiment d’injustice, le sentiment d’être humilié dans sa religion ou dans sa liberté engendre un rejet, une haine, une violence si forte que tout bascule. Mettez en plus de cela, souvent des conditions de pauvreté où l’on n’existe aux yeux de personne, ajoutez un peu d’endoctrinement souvent sans culture profonde de la foi musulmane et de sa tradition et vous avez le cocktail assez fréquent de la création d’un terroriste. Comme dans beaucoup de religions, la découverte récente de la foi est souvent un facteur aggravant. Les convertis sont toujours plus radicaux car touchés plus fortement par la découverte.
Je pense que tout cela devrait vraiment nous interroger. Tant que la misère se répandra sur la terre, chez nous et dans le monde, nous enfanterons ce genre de violence. Il y aura toujours dans ce cas des personnes qui trouveront leur gloire et leur réussite dans ce genre d’action. Aujourd’hui, c’est en Afrique, où la pauvreté est omniprésente, que se préparent les futurs agresseurs.
Tant que les plus riches pays du monde, qui siégent au conseil de sécurité et qui sont en même temps les plus grands vendeurs d’armement dans le monde, donnent des leçons au monde ; tant que ces pays qui possèdent la bombe nucléaire continueront de dire à l’Iran et à d’autres : « Vous n’avez pas le droit à cette arme », nous engendrerons ce type d’agression.
Bien sûr que la pauvreté, l’injustice ressentie, ne sont pas des raisons qui peuvent justifier la haine et la violence. Mais il me semble que le fossé est de plus en plus grand entre tous les peuples. Le Proche-Orient qui n’arrive pas à trouver un chemin de paix ne cesse de raviver la souffrance de beaucoup. N’oublions pas que la création de l’état hébreu est une décision de nos pays suite à la deuxième guerre mondiale.
Ce que toutes ces tensions engendre, c’est souvent le rejet conscient ou inconscient, en particulier de ceux qui sont de religion musulmane. Ces actes de terrorisme suscitent des peurs souvent irrationnelles et nous nous sentons impuissants.
Je pense cependant que chacun de nous peut agir. Nous pouvons tous essayer de développer une culture de la non-violence. Elle ne gagnera pas en un jour mais elle pourra se propager. Pourquoi n’y aurait-il que la haine qui se diffuserait dans le monde ? Gandhi et Martin Luther King ne doivent pas être oubliés. Ils ont su changer le monde. Je pense aussi que chacun de nous doit s’informer sur les autres cultures et religions et si possible développer là où il est des liens avec tous, quelles que soient leurs différences. L’amitié partagée même à petite échelle fait reculer l’incompréhension. Et puis nous pouvons aussi lutter résolument contre la pauvreté en nous rappelant qu’elle est le fruit de l’être humain et non celui de la nature. Je crois que chaque petite action peut changer en profondeur le monde. Nous n’agissons pas pour aujourd’hui mais pour les siècles futurs en transmettant aux nouvelles générations ces chemins de respect et de paix.
À la semaine prochaine.
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Publié dans Education-jeunesse

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