LE TEMPS : UN CADEAU !
Chronique du jeudi 16 novembre 2006.
Bonjour,
Ces derniers jours ou dans les prochains jours, vous allez comme moi avoir différentes personnes qui vont sonner à votre porte. Ils sont facteurs, éboueurs, pompiers et ils viennent proposer un calendrier. Pour eux, c’est une étrenne et pour nous une façon simple de poser un acte de reconnaissance, un merci, une façon aussi d’encourager leur service.
Avec ces calendriers, c’est une fois encore la marque du temps qui s’inscrit dans notre vie. Nous voyons inexorablement les jours passer, égrener leur mesure et construire ainsi ce qu’on appelle l’histoire, la nôtre et celle du monde. On peut déplorer le temps qui passe ou s’en faire un allié. On n’arrête pas de compter le temps, on court après le temps, on cherche à dégager un moment, une plage horaire sur nos agendas pour pouvoir accueillir ou visiter des amis. Parfois on oublie le temps qui passe, c’est souvent le signe que ce que nous vivons est agréable et nous rend heureux.
Beaucoup vont se plaindre des rides qui marquent le visage et qui impriment sur nous la marque du temps. Mais pourtant le temps n’est pas l’ennemi de l’homme. C’est aussi un cadeau. Chaque jour qui passe est une chance de progrès. Chaque jour qui passe est un jour gagné sur la mort. Savons-nous savourer cela et en faire l’objet d’un vrai contentement ?
Lundi dernier, alors que je parlais de la création du monde dans la Bible avec des jeunes du caté de CM2, je leur montrais différentes images qui figuraient le jour et la nuit, la mer et le ciel, les oiseaux, les animaux, l’homme et la femme. Pour illustrer le 7ème jour de ce récit de la création, le dessin devenait plus figuratif. Je demandais alors : « Que fait Dieu le 7ème jour ? » Et une jeune de me répondre très spontanément : « Dieu, il fait de la peinture ». J’ai trouvé cette réponse délicieuse. Oui, si Dieu fait de l’utile, il prend aussi un jour sur sa semaine pour faire autre chose, pour créer mais autrement. Pour bien vivre nos semaines, nous avons tous besoin de moments de re-création, où l’on peut reconstituer ses forces.
Des prêtres à l’âge de la retraite ont donné, au conseil presbytéral, leur témoignage sur la façon de vivre la retraite. Cette étape de la vie est fort difficile à vivre. C’est un temps tellement différent : accepter de se retrouver face à soi-même, faire le deuil des responsabilités, de l’agenda rempli qui donne l’impression d’être quelqu’un d’attendu…
L’un d’eux nous citait Michel Serres, qui dit « que le plus important est d’être ouvert à l’inattendu ». C’est peut être ce que nous offre le temps. Je ne sais jamais de quoi sera fait demain. Je peux prévoir le planning d’une journée mais je ne peux programmer la parole ou le geste qui va blesser un cœur, ou donner de la joie. Le temps est ce cadeau qui nous est fait chaque jour pour que surgisse de nous le meilleur si possible et parfois des bulles de bonheur inattendu.
À la semaine prochaine.
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