INCOHERENCES
Chronique RCF du jeudi 07 décembre 2006.
Bonjour,
Nous sommes dans une société qui cultive les incohérences.
Prenons quelques exemples tout simples. Depuis de nombreux mois, les défenseurs de l’écologie qui sont de plus en plus de tous bords politiques ne cessent de nous dire qu’il est indispensable pour lutter contre le réchauffement climatique de mettre des ampoules économiques dans nos maisons, dans nos bureaux. On n’oublie pas non plus de nous dire d’éteindre tous les appareils électriques et de ne pas les laisser en veille. En France, une centrale nucléaire tourne chaque jour à plein régime à cause de ces appareils que l’on n’éteint pas. Et que se passe-t-il dans ces jours ? Les villes ont installé dans les rues des milliers de lampes pour éclairer et égayer ce temps de Noël. Les gens sont de plus en plus nombreux à éclairer leur maison avec de multiples serpents lumineux. C’est très beau, mais c’est en complet décalage avec tout ce qui se disait ces derniers mois. Où est l’économie d’électricité ? Moi, je dis bizarre.
Autre exemple : tout le monde est bien conscient que l’individualisme est roi dans notre société et que cette attitude est néfaste pour une vie plus saine en société. Il est bon de considérer chaque personne mais l’individualisme qui conduit à l’égoïsme est globalement préjudiciable à la vie citoyenne. Dans cette situation, on entend une bonne nouvelle : les Français passent moins de temps devant la télévision. On se met à espérer. Se tourneraient-ils plus vers les autres ? La vie dans les associations seraient-t-elle plus dynamique ? Les loisirs plus collectifs ? Eh bien non ! il n’en est rien. Si les Français regardent moins la télévision, c’est parce qu’ils passent de plus en plus de temps devant leur ordinateur.
Encore un petit exemple : beaucoup de Français se disent mécontents de leur représentant politique. Les députés, quels que soient leur parti, sont nos représentants devant le parlement. S’ils parlent, s’ils font des propositions de loi, s’ils amendent les projets du gouvernement, c’est en notre nom. Allez, au cours de ces six dernières années, combien de lettres ou de courriels avez-vous faits à votre député, votre représentant ? Une, c’est bien, deux super, trois, je pense que c’est rare. Et pourtant, si nous n’exprimons pas auprès de nos représentants nos points de vues, nos objections, nos remarques constructives, que peuvent-ils faire ? Soit suivre leur opinion personnelle et leur intuition, soit s’en remettre à des experts en espérant ne pas suivre une mauvaise route.
Et je pourrais continuer la liste des exemples. Moi-même je n’échappe pas à ces pièges. Mais je crois que très souvent notre responsabilité est somnolente. Il est tellement plus facile de se mettre en retrait et de critiquer. En ce temps de l’Avent, où l’on exprime nos attentes, voici la mienne : relevons nos manches pour chercher un peu plus de cohérence, avec comme point d’appui la quête du bien commun à l’humanité. C’est complexe, ardu, mais chacun peut relever le défi, à sa mesure. Et cela fera du bien à beaucoup et personnellement, nous serons plus en paix.
À la semaine prochaine.
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