UN SIMPLE VOEU

Publié le par Boyer Stephane

Chronique RCF du 04 janvier 2007
Bonjour,
C’est l’époque des vœux et je pourrais en faire une liste. Souvent nos mots ne sont pas très originaux même s’ils disent ce que l’on a dans le cœur et notre désir profond que chacun vive un certain bonheur. En ce début d’année, au risque de vous surprendre, je n’en énoncerai qu’un. Il est un peu utopique mais pas irréalisable.
J’aimerai que dans l’Église Catholique, on ose tous ensemble – laïcs et clercs – se poser la question du ministère des prêtres et par conséquent celui aussi de la responsabilité des laïcs. Soyons clair, je pense que l’Église Catholique Romaine est très réticente aux changements et qu’elle est encore en train de gérer les évolutions du Concile Vatican II, plus de 40 ans après. Alors poser autrement la question du ministère du prêtre risque d’être pour beaucoup un nouveau cataclysme et un risque de nouvelles ruptures. Mais pour lutter contre la sclérose, il est indispensable de bouger.
Je pense que les communautés paroissiales devraient beaucoup plus se prendre en main. Il est indispensable que des chrétiens s'investissent plus sérieusement dans l’accueil, les accompagnements dans la catéchèse, dans les aumôneries (de jeunes ou d’hôpital), dans la vie de prière, dans la préparation des sacrements et toujours plus dans la priorité donnée aux pauvres. On oublie que c’est la responsabilité propre des chrétiens de faire vivre leur communauté. Ce n’est pas au prêtre qui est envoyé pour la servir d’être constamment celui qui l’anime et la dynamise. Les laïcs sont capables de gérer des associations, des entreprises, des syndicats, leur vie personnelle et ils ne seraient pas capable de dynamiser leur propre communauté chrétienne !
Je pense que le métier de curé déforme souvent le ministère du prêtre. Il est nécessaire de mon point de vue que les EAP (Équipe d’Animation Pastorale) aient la responsabilité des décisions pour la vie des paroisses. Quand nous mettons le prêtre dans la situation de décideur, nous perdons son ministère de Veilleur. Il ne peut plus donner des conseils (presbytre = ancien), il ne peut plus chercher à écouter, à évangéliser les décisions puisqu’il est partie prenante. Pour moi, le ministère de prêtre est trop souvent dénaturé de par le pouvoir qu’on lui fait porter.
La communauté n’est pas au service du prêtre, de ses idées et même de sa spiritualité, c’est lui qui se doit de servir les chrétiens qui se rassemblent. Je rêve parfois que le prêtre, surtout les plus jeunes, n’ait plus que deux missions : (1) la présidence des communautés, c'est-à-dire aider les chrétiens à remercier Dieu, à relire à la lumière de l’Évangile leur vie, à encourager tous ceux qui exercent un service dans la communauté (2) et par un travail salarié une ouverture sur le monde. Cela permettrait au prêtre d’être vraiment en contact avec la grande diversité des points de vue et d’enrichir ainsi son regard et celui des chrétiens, et de méditer l’évangile habité par toute cette vie.
Cette année plus de la moitié des prêtres en Saône-&-Loire ont plus de 70 ans. Va-t-on un jour accepter d’être réaliste, ne plus rêver les vocations mais de changer la forme des ministères pour renouveler en profondeur le fonctionnement mais aussi la responsabilité de chacun ? Des chrétiens responsables de leur communauté, des prêtres plus à l’écoute, moins dans la décision, veilleurs auprès des chrétiens, témoins et éveilleurs de vie pleine auprès de tous les autres…
Bonne année 2007 à vous tous.
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Publié dans Foi-spiritualité

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