VIVRE LA FRATERNITE ENTRE CHRETIENS.
Chronique RCF du jeudi 18 janvier 2007
Bonjour,
Aujourd’hui s’ouvre la semaine de prière pour l’unité des chrétiens. Durant une semaine, les chrétiens des différentes confessions : anglicans, catholiques, protestants réformés et évangéliques, orthodoxes… vont prier séparément et ensemble et développer par cette prière un esprit d’unité.
La question de l’unité des chrétiens est bien différente suivant les contextes dans lesquels nous vivons. Des régions comme la Savoie ou la Suisse, qui ont vu naître le protestantisme réformé de Calvin et de Luther, ont déjà une grande habitude de travail en commun. Des chrétiens des diverses confessions se retrouvent naturellement, se croisent et agissent de façon quotidienne ensemble. Dans notre région de Chalon sur Saône, c’est un peu différent.
Ce qui permet de travailler à l’unité des chrétiens est une association que nous avons créée ensemble et qui s’appelle « Connaître la Bible ». À travers des expositions et surtout des conférences, nous essayons de faire connaître notre trésor commun – la Bible – qui est la base de notre foi commune. Il y a aussi des groupes de prières qui se retrouvent tout au long de l’année et de multiples contacts fraternels. Il y a aussi les invitations mutuelles pour les grands évènements de chaque communauté. Le scoutisme entre catholiques et protestants permet à des enfants et des jeunes de se rencontrer. Mais nous avons tout de même peu d’actions en commun. Nous pourrions imaginer que des actions à but social nous unissent, que des actions d’éducation nous rassemblent.
Unité ne veut pas dire uniformité. À Chalon sur Saône, nous ne sommes pas comme des théologiens qui réfléchissent sur ce qui fait la spécificité de chacun. La différence nous l’expérimentons. Nous la trouvons parfois heureuse parfois plus dérangeante. Personnellement, je pense que la lecture ensemble de la Bible est une richesse. En même temps, je pense que notre différence fondamentale est sûrement dans la façon de lire et d’interpréter l’Évangile. Nous ne donnons pas le même poids aux paroles de la Bible. Pour certains, c’est la vérité vraie, pour d’autres une parole plus symbolique qu’historique. Et pourtant, pour tous, une parole qui parle au cœur.
Dans cette expérience de la différence, nous réalisons à la fois ce qui nous unit et ce qui nous différencie. L’important est de ne pas blesser l’autre, de vivre un profond respect. Un peu comme quand dans une famille s’expriment deux points de vues différents. Si on commence à vouloir donner raison à l’un ou à l’autre on ne s’en sort jamais. Alors ce qui me semble essentiel dans la démarche d’unité, c’est d’entrer en amitié avec des hommes et des femmes de différentes confessions. C’est de se connaître, de s’estimer pour ce que nous sommes et vivons, c’est de s’encourager chacun sur notre chemin de vie. Pour moi, l’œcuménisme ce n’est pas d’abord de la théologie, ce n’est pas des discussions sur l’interprétation de la Bible, c’est entrer dans une entente fraternelle. Tu n’es pas moi, je ne suis pas toi, mais nous sommes frères, membres de la même famille. Alors qu’en cette semaine chacun de nous crée ce lien simple de la fraternité.
À la semaine prochaine.
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