OU SONT LES JUSTES AUJOURD'HUI ?

Publié le par Boyer Stephane

Chronique RCF du jeudi 25 janvier 2007.
Bonjour,
La semaine dernière, des hommes et des femmes tout ordinaires sont entrés au Panthéon. Leur nom ne sont pas connus de chacun de nous. Ce sont des hommes, des femmes qui au cœur de la seconde guerre mondiale ont sauvé des vies. Face à l’horreur de la guerre, de la déportation, ils ont ouvert leur maison, leur grenier, leurs granges, ils ont offert à manger, ils ont protégé ceux qui étaient menacés.
Alors que certains parlent déjà de faire entrer l’Abbé Pierre au Panthéon, je suis personnellement heureux que ces justes, ces gens ordinaires — au cœur de l’horreur de la guerre — soit célébrés dans ce haut lieu de notre république. On honore des gens qui ont su ouvrir leur cœur et qui ont permis que la vie gagne contre la barbarie.
Aujourd’hui n’y aurait-il personne d’inquiété dans notre pays ? N’y aurait-il aucune personne qui ait besoin de protection face à l’injustice ? En 2007, la situation n’est plus la même que durant la guerre mais je tiens à dire que des personnes sont menacées. Des personnes inquiétées dans le monde, cela ne manque pas. Je connais directement plusieurs personnes qui, s’opposant au régime politique de leur pays, ont dû fuir et ont demandé l’accueil en France. Ils viennent d’Afrique (de divers pays dont malheureusement personne ne parle), ou ils viennent des anciens pays de l’Est qui sont envahis par une multitude de milices locales sous les ordres de petits chefs.
Certaines de ces personnes qui ont demandé l’asile se trouvent dans la situation de déboutés. Les préfectures sont de plus en plus sous pression du gouvernement pour expulser ces déboutés du droit d’asile. Des hommes et des femmes qui ont vécu des tortures et qui portent encore les traces de ces maltraitances sur leur corps, des hommes et des femmes qui appartiennent à des minorités ethniques sont en danger s’ils sont expulsés. Et pourtant, les arrêtés de reconduite à la frontière pleuvent.
Quels préfets seront assez courageux pour régulariser ces personnes qui sont menacées dans leur pays ? Quels citoyens seront capables de désobéir aux lois et aux décrets que promulguent l’actuel gouvernement pour accueillir chez eux ceux qui risquent la mort ? Quels sont les justes d’aujourd’hui qui accepteront de nourrir et de soutenir ces exclus parmi les exclus ?
Car ces personnes vivent avec zéro euro par mois. Elles n’ont pas droit au RMI, elles n’ont pas droit de travailler, elles ne peuvent pas faire la manche car elles risquent des contrôles policiers et donc l’arrestation.
Je dois dire clairement qu’en France, il est indispensable de rentrer en « résistance ». Ce mot peut surprendre, mais il y a des gens menacés de mort qui sont rejetés par les préfectures. Ils méritent qu’on ne les laisse pas tomber car ils seraient alors condamnés à la mort ou à un éternel exode. Alors merci à ceux qui aujourd’hui cherchent avec honnêteté à dégager un avenir pour ces réfugiés. Que chacun ouvre les yeux, accepte d’entendre. Ce sera déjà un premier pas.
À la semaine prochaine.
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K
effectivement, rien à dire...<br />
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