IMPRESSION NICOISE

Publié le par Boyer Stephane

Chronique RCF du jeudi 26 avril 2007.
Bonjour,
Cette semaine, j’ai la chance de pouvoir me balader sur la promenade des Anglais. Dans cette ville de Nice, elle n’est pas encore envahie de vacanciers mais déjà il y a du monde. Et quand on écoute, il y a une multitude de langues qui se mélangent. Sans oublier la langue locale, que quelques habitants parlent encore.
Est-ce le tourisme, est-ce le goût des habitants, toujours est-il que tout au long des grands boulevards, les boutiques de luxe s’étalent : vêtements, chaussures, téléphones par satellite, bijouteries et joailleries et plus surprenant encore des enseignes de magasins qui proposent d’acheter de l’or, de « récupérer » nos vieux bijoux ou nos lingots.
Quand je regarde les promeneurs, ils sont loin de pouvoir s’offrir tout ce luxe. Mais beaucoup essayent de sortir du lot. Le look est travaillé : la casquette de travers, les lunettes de soleil stylées, les fringues originales. Tous donnent l’impression de crier : « Regardez moi ! ». Comme si chacun, sans le dire, avait avant tout besoin qu’on lui dise : « Je t’estime – tu existes à mes yeux. » Ça doit bien être un peu partout pareil mais ma balade de vacancier me le fait remarquer plus fort.
Au détour d’une rue piétonnière, il y a la cathédrale. Elle est à l’image de ce monde du sud : baroque. Pleine de couleurs, de statues, de mosaïques. Tout est chargé comme si on n’en faisait jamais assez pour le « Bon Dieu ». Au détour d’une chapelle, une grande croix argentée, avec des lumières qui jaillissent de la croix. Je pense au clip de Madonna. C’est original, moderne et presque sobre au milieu de cet univers religieux. Ici, l’Église est en synode. De grandes tentures ont été tendues, donnant un air de mouvement à cette église de pierre.
Marchant dans ces rues, je découvre aussi la rue des Galeries d’Art. Je vois aussi, bien moins brillant que tout cela, des SDF et des jeunes à la dérive, qui échouent sur le pavé niçois. Ils ont au moins le soleil et aimeraient « manger les miettes » de cette société de luxe et de paraître.
Ma promenade me fait réfléchir. Le repos est bienfaisant, dans ce sens qu’il laisse l’esprit un peu plus libre. Quand je vois ces êtres humains, ceux qui habitent la rue et ceux qui habitent de superbes immeubles dont la valeur va encore croître quand le tram fonctionnera et passera à quelques pas, je me demande s’ils sont heureux. Je crois que tous peuvent rendre les autres heureux mais savent-ils s’ouvrir à leur prochain ? Je ne peux répondre ! Mais j’aimerais le leur dire et le leur crier. Peut être pour me le rappeler à moi-même, peut être parce que je sais que ce n’est pas si naturel de vouloir penser au bonheur de l’autre avant le sien.
Et puis, au bord de la plage, je poursuis ma promenade niçoise. Et j’apprécie la chaleur du soleil et le beau ciel bleu.
À la semaine prochaine.
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