DU TRAVAIL POUR TOUS

Publié le par Boyer Stephane

Chronique du jeudi 03 mai 2007
Bonjour,
Ce mardi 1er mai, nous avons fêté Joseph le père de Jésus. Joseph, le travailleur, le charpentier, l’ouvrier, le créateur. Peut être que beaucoup d’entre vous ne le savent pas, mais le 1er mai est aussi un jour où l’Église fête le travail, où l’on se réjouit pour tout ce que l’être humain réalise par ses mains, par son intelligence, par ses talents. Un jour où l’on regrette que parfois l’activité de l’Homme vienne détruire la vie, et je pense en particulier aux fabricants d’armes, mais aussi un jour où l’on fête ce qui permet à notre monde de vivre mieux.
Bien sûr, ce 1er mai, vous l’avez tous à l’esprit, il y a eu dans la rue les défilés des différents syndicats. Je regrette que ces défilés n’aient pas été unitaires, car à trop vouloir jouer la carte de la différence, l’impact est moins grand. Ces rassemblements ont été particulièrement bien suivis cette année. Élection présidentielle oblige un peu. Ce que tous réclamaient, en plus des conditions de travail décentes et de l’augmentation des salaires, c’est avant tout du travail. Même si l’INSEE n’a pas voulu publier les chiffres du travail, nous savons tous, en discutant avec nos amis, que le nombre de chômeurs, de personnes recherchant un travail est bien plus élevé que les chiffres officiels.
Même si des personnes s’installent dans l’assistance, la majorité aimerait travailler. Le travail est une grande source de dignité. À cela, il faut ajouter le sentiment d’utilité que chacun peut ressentir quand il accomplit un travail, une mission qui sert l’entreprise, la production, les liens entre des personnes, la société. Même si le travail est dur, contraignant, et source de stress, il n’y a rien de mieux qu’un travail pour pouvoir être reconnu et se tenir debout au milieu des autres. Il suffit pour s’en convaincre de regarder nos comportements. Après s’être présenté mutuellement, la question qui vient aux lèvres de la plupart des personnes est presque toujours celle du métier. On comprend aisément comment l’impossibilité de répondre à cette question doit être pesante dans l’esprit et le cœur de ceux qui ne peuvent que dire : « Je suis à la recherche d’un emploi ».
Au quotidien, entraîné dans l’habitude, nous oublions très souvent tout ce que le travail procure. Un revenu – bien sûr – qui permet de subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille, mais ce que le travail donne c’est bien plus encore : une reconnaissance sociale, un statut, le partage des « savoir-faire », un but quotidien, des liens humains, assez souvent le sens des responsabilités, mais aussi l’apprentissage de la négociation dans les conflits interpersonnels ou collectifs, parfois aussi la créativité, l’initiative…
Celui qui se retrouve sans emploi ne vit pas seulement la perte de son travail, mais très souvent c’est tous ces éléments qui s’étiolent dans sa vie, qui disparaissent petit à petit. Re­bondir n’est pas toujours chose aisée. Dans cette situation préoccupante de notre pays, je pense que tous nous devons nous demander : « Est-ce que je peux créer du travail ? Est-ce que je peux mettre un peu de mes revenus au service de la création d’emploi ? » Pour ceux qui sont assez riches, il y a la possibilité d’investir dans le monde de l’entreprise, pour développer des outils de production. Pour tous ceux qui sont moins aisés mais qui payent par exemple des impôts, le chèque emploi service universel permet de donner du travail, même quelques heures, à une personne (pour un coût horaire brut de 7 € environ après déduction d’impôts). Tous, à une petite ou grande échelle, nous devons nous demander si nous pouvons faire quel­que chose pour créer de l’emploi et permettre à beaucoup de retrouver cet élément de dignité.
À la semaine prochaine.
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Publié dans Société

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