Revisiter l'Evangile grâce aux jeunes !

Publié le par Boyer Stephane

Chronique RCF du jeudi 22 Novembre 2007

Bonjour,

 

Avec les aumôneries de l’enseignement public, notre souci est d’accompagner les jeunes dans leur développement, de leur donner un lieu de dialogue et d’échange qui permette à ces jeunes collégiens et lycéens de se forger leurs convictions personnelles. Dans ces échanges que nous avons avec eux, nous essayons de leur faciliter la découverte du Christ, comme un chemin qui permet de se réaliser pleinement et librement.

 

Samedi dernier, nous avons eu la joie de retrouver une vingtaine d’animateurs de tout le département pour partager et approfondir ce service des jeunes et Frère Émile, de la communauté de Taizé, est venu nous éclairer de l’expérience d’accueil de sa communauté. Des jeunes, et des jeunes qui cherchent à réfléchir à leur vie, ils en reçoivent des milliers chaque année. Je vous partage deux points qui m’ont particulièrement marqué et me font réfléchir.

 

Les jeunes qui sont dans ce passage de l’enfance à l’âge adulte se posent et cela de tout temps, la question suivante : est ce que la vie vaut le coût d’être vécue ? Confrontés aux grandes questions de la vie : « Pourquoi l’injustice, la violence, la mort ? », l’attitude des adultes qui les entourent est importante. Pense-t-on que l’on ne peut rien contre tout cela ? Dans ce cas c’est le fatalisme que nous proposons. Ou bien est-ce qu’au cœur de ces difficultés de la vie, chacun peut être source de transformation, de progrès ? C’est dans ce cas, la proposition d’une espérance ou au moins d’un espoir que nous proposons. Dit d’une autre façon : croyons nous que l’histoire est écrite d’avance ou bien pensons nous que nous sommes tous les écrivains de cette histoire ? Suivant la réponse, on voit comment cela peut être important pour l’avenir des adolescents. S’il est important que des jeunes puissent « vider leur sac » quand c’est trop difficile, il est aussi fondamental de valoriser avec eux tous les évènements où des évolutions sont possibles, où l’avenir peut s’ouvrir. Notre attitude d’adulte face aux difficultés de la vie n’est donc pas sans conséquence pour les jeunes et notre témoignage est essentiel pour leur construction.

 

Deuxième aspect de ce dialogue avec Frère Émile que j’ai apprécié, c’est la nécessité pour nous, les chrétiens, de découvrir un Dieu plus grand, plus grand que nos idées, que nos schémas, que nos convictions. Les jeunes (et nous-mêmes, j’espère) ne peuvent penser un Dieu qui serait le Dieu de quelques uns et qui exclurait les autres. Ils nous invitent à revisiter notre foi pour comprendre comment le Christ Jésus n’est pas la propriété d’un groupe, d’une religion. Dans un monde où l’on est relié à une multitude de cultures, de croyances, de diversités, nous sommes invités à découvrir par exemple l’universalité du message de l’évangile. Il nous rappelle que Jésus n’a pas voulu fonder une religion mais proposer un chemin d’espérance et d’unité avec celui qu’il appelle son Père (qui ne se réduit pas au masculin). Les jeunes (et nos contemporains adultes) et leurs questionnements nous invitent à redécouvrir dans notre foi de nouvelles dimensions sur lesquelles nous n’avons peut être encore jamais insisté.

 

Ouvrir les jeunes à l’espérance et s’ouvrir nous-mêmes à leurs questionnements pour revisiter le message du Christ, voilà qui est passionnant pour un homme comme moi et peut être pour vous aussi.

 

À la semaine prochaine.

 

Publicité

Publié dans Foi-spiritualité

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article