Sacrifice et/ou don de vie !
Chronique RCF du jeudi 11 décembre 2008.
Bonjour,
Cette semaine, le 8 décembre, le même jour que nous fêtions Marie, nos frères musulmans fêtaient l’Aïd El Kébir, la fête du sacrifice du mouton, un rappel de l’histoire biblique. Quand la Bible raconte qu’Abraham sacrifie un mouton à la place de son fils, c’est surtout pour signifier la fin des sacrifices humains. C’est d’une certaine façon la conscience d’un passage à un nouveau monde. La vie est précieuse.
Le mot sacrifice ne plait pas bien à nos contemporains. Pourtant on le vit souvent sans toujours s’en rendre compte. Combien de parents sont prêts à faire des sacrifices financiers pour que leurs enfants puissent faire de bonnes études ! Ils sont prêts à faire des sacrifices sur leurs désirs pour faire avec leur famille ce qui va plaire à l’un ou à l’autre. De même, pour nos amis, nous sommes disponibles, même si cela doit bousculer notre agenda. En fait, le sacrifice nous le vivons sous des formes différentes.
Mais exprimé d’une autre façon, le sacrifice, c’est l’offrande de soi. Tous, nous sommes capables d’offrande. Offrir ses compétences, offrir son amitié, sa présence, offrir simplement de sa vie. Là encore, une attitude que nous vivons chaque jour, sans même nous en rendre compte. Pas seulement une attitude mais une raison de vivre. Que serait la vie si nous n’avions pas cette joie de pouvoir nous donner, nous offrir, pour un enfant ou des enfants, un conjoint, d’être une présence aimante pour un malade, un prisonnier ou un sans papiers ? Vous êtes-vous déjà demandé comme moi : que serait notre vie sans cette attitude naturelle de l’offrande de soi ? Je crois qu’elle sonnerait creux.
Alors les religions continuent de parler de sacrifice ou d’offrande. Serait-ce ringard ? Je ne le pense pas, mais par contre je sais que ce n’est pas bien compris. Si l’on parle de sacrifice, c’est parce que c’est toujours une réalité pour la vie des hommes. Offrir sa vie, offrir un sacrifice, c’est exprimer un désir d’Alliance et le réaliser par ce geste. Comme on se lie avec ses proches en offrant et en donnant sa vie pour eux, le pain et le vin que l’on offre à la messe, ou le mouton que l’on offre lors de la fête de l’Aïd El Kébir, sont les signes que les hommes se donnent pour lier leur vie à celle de Dieu. Des gestes simples, comme ceux du quotidien. Des gestes religieux pour dire que vie divine et vie fraternelle sont liées.
La vie sur terre est une histoire d’alliance et parfois de mésalliance. Nous savons que la guerre, la haine, le mépris conduise à briser l’être humain. Nous savons que le don de soi, que l’offrande de sa vie dans le quotidien le plus ordinaire, est source de bonheur, d’accomplissement. Le pain et le vin déposés sur l’autel de l’église avec des centaines de chrétiens ou sur une petite table avec une poignée d’entre eux, est un geste qui élève. Nous déposons les symboles de notre vie pour que nous osions toujours plus l’offrande de nous-mêmes, de notre être. Personnellement, je trouve ce geste très fort de sens : dommage que beaucoup ne le comprennent pas. Ce geste me redonne de l'énergie et je ressors souvent dynamisé par l’eucharistie. En fait tout se résume dans une phrase de Jésus : « il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis ».
À la semaine prochaine.
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