Stop ayons confiance dans les jeunes

Publié le par Boyer Stephane

Chronique RCF du jeudi 01 juin 2006.
Bonjour,
Il est de bon ton de dire des jeunes qu’ils sont moins bien élevés que la génération précédente, plus violents, moins respectueux, plus faignants que leurs parents ou grands-parents. Il est nécessaire de sortir des généralités. Chez les jeunes, c’est comme chez les adultes, il y a de tout : des doux et des violents, des bosseurs et des paresseux.
Mais serait-il possible un instant de les regarder avec ce qu’ils ont de meilleur ? J’ai partagé différents moments avec plusieurs dizaines de jeunes ces dernières semaines et je suis impressionné par ce qu’ils m’ont partagé.
Ainsi Sami me dit, à la JOC, comment il se bat avec sa maman qui est seul. Il reconnaît sans hésiter tout l’amour qu’elle a pour lui, sa lutte quotidienne dans des travaux de ménage. Il sait que les études que lui offre sa mère sont un cadeau. Il voudrait vraiment réussir pour qu’elle soit heureuse et fière. Il aimerait faire un stage linguistique en Angleterre pour se perfectionner dans la langue anglaise et être ainsi trilingue (français, arabe, anglais). Je le sens vraiment volontaire et reconnaissant. N’y aurait-il que lui à penser ainsi ? Je ne crois pas, ils sont certainement nombreux mais ne le disent pas forcément à leurs parents.
J’ai vu aussi des jeunes d’aumônerie de l’enseignement public aller à La Pierre-Qui-Vire. C’est à la rencontre des moines, de ces hommes qui se retirent du monde mais qui sont pleins d’humanité, qu’ils sont allés. Même si à cet âge ce n’est pas facile, ils ont fait l’expérience du silence, allant même découvrir la prière de 2 h du matin. Ils ne sont pas plus calmes que les autres mais acceptent de découvrir un tout autre univers que le leur. La discussion avec le moine qui les accueillait mettait en lumière l’importance d’une vie simple sans artifice. Cela les interpelle. Curieux et écoutant les jeunes ? Oui, c’est possible !
J’ai vu aussi Medhi qui me dit que ce qui l’a sauvé, c’est sa participation au club de hand-ball. Ce lien avec d’autres jeunes lui a permis de sortir de l’enfermement de son quartier. Mais si cela s’est réalisé, c’est qu’il a été capable d’établir des liens, des relations avec ses co-équipiers et participer à sa place à la réussite de son équipe. C’est d’une certaine façon un service mutuel que le club et Medhi se sont rendu, sans vraiment le savoir. Serait-il le seul ainsi ? Certainement pas, ils sont nombreux à savoir participer à un club et par ce chemin trouver un chemin qui les ouvre aux autres, évitant le repli. Medhi me disait comment des amis à lui n’ont pas trouvé d’issue, restant repliés sur leurs difficultés.
Quand on permet à des jeunes de parler, on découvre beaucoup de choses : leurs aspirations et leurs peurs, leurs curiosités et leurs motivations. Sachons dialoguer. Les jeunes d’aujourd’hui ne sont pas pires que ceux que nous étions hier. Comme tous, ils aimeraient construire une vie heureuse. Soutenons-les déjà par un regard sans préjugés. Voyons leurs qualités, ce n’est qu’avec cela qu’on pourra construire ensemble.
À la semaine prochaine.
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Publié dans Education-jeunesse

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