REFUSER LA MISERE : TOUJOURS ET ENCORE

Publié le par Boyer Stephane

Chronique RCF du jeudi 19 octobre 2006
Bonjour,
Mardi dernier, la journée mondiale du refus de la misère s’est déroulée dans une multitude de pays et de villes. À Chalon, l’association ATD quart monde a de nouveau mené l’action même si un collectif d’associations partenaires participe à cette journée. Comme chaque année — et c’est un point très important—, la parole a été donnée aux plus pauvres. Dans notre société, les plus pauvres — et c’est plusieurs millions de personnes—, ne sont pas écoutés. Les politiques sociales ne sont pas élaborées avec eux, alors qu’ils sont les premiers concernés.
Chaque année, il faut rappeler que la misère n’est pas une fatalité mais le résultat d’une façon de vivre le partage sur notre terre. Il y a actuellement des campagnes de publicité pour nous rappeler que chacun de nous peut faire des petits gestes pour aider à une vie plus écologique. Il en est de même pour la lutte contre la misère. La première chose serait de réapprendre à parler avec ses voisins ou sa famille parfois. L’isolement est souvent un facteur aggravant, car il engendre la perte de confiance.
Mais bien d’autres actions sont possibles. Les clubs de sport pourraient se demander comment accueillir des enfants ou des jeunes à qui leur pratique sportive ferait énormément de bien. Ce n’est pas tellement une question d’argent car des aides existent mais plutôt le fait qu’on ne pense pas à prospecter, à faire de la publicité en direction des plus pauvres. On reste très souvent dans le cercle des initiés, dans les revues spécialisées ou sur des sites Internet, supports inaccessibles pour les plus pauvres.
Tous, nous pouvons lutter contre la misère en refusant les jugements vite faits. La vie d’une personne est complexe. La situation dans laquelle elle se trouve est complexe, et penser que les pauvres manquent de volonté pour s’en sortir est un raccourci qu’on entend fréquemment. Quand l’argent vient à manquer, tout devient encore plus compliqué. Je connais des gens qui vendent leur voiture, mais circuler ensuite n’est pas aisé car les réseaux de transports en commun ne sont pas toujours adaptés, surtout dans le monde rural.
Une autre action que tous les riches peuvent faire pour lutter contre la misère, c’est les placements éthiques. Faire en sorte que notre argent ne vienne pas servir les entreprises de l’armement ou les seuls placements spéculatifs qui créent tous les jours des souffrances dues au désir de profit à tout prix, même au prix de l’emploi.
Cette année, une joie pour les militants d’ATD quart-monde et les autres associations est que nous voyons des progrès dans l’écoute et l’attention à cette journée au niveau de la Mairie. En effet, il y a dix ans la marche silencieuse en mémoire des victimes de la misère et le témoignage des plus pauvres se faisaient un peu en catimini. Aujourd’hui, c’est devant la mairie, lieu symbolique de la citoyenneté de tous, que la parole s’exprime. Et mardi dernier, les familles du quart-monde et les associations ont été reçues au salon d’honneur par le maire. C’est tout de même une reconnaissance et une joie : celle d’être entendu et de pouvoir parler en direct avec les élus.
Si la journée mondiale du refus de la misère est une journée annuelle, la lutte contre la misère est une action quotidienne. À chacun de nous d’agir !
À la semaine prochaine.
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