LE SENS DES AUTRES

Publié le par Boyer Stephane

Chronique RCF du jeudi 12 octobre 2006
Bonjour,
Avec les Scouts et Guides de France, nous venons de vivre le week-end de rentrée des responsables des unités. Soyons clair : aujourd’hui, comme pour beaucoup de mouvements ou d’associations fondés sur le bénévolat, il est très difficile de trouver des jeunes et des adultes qui s’engagent aux services des enfants. Plusieurs unités de louveteaux – louvettes, de scouts, de pionniers – pionnières, ces jeunes de 8 à 17 ans, recherchent désespérément animateurs. Il n’est pas sûr que les activités redémarrent.
Et cette question que tous nous nous posons : que faut-il faire pour que des jeunes adultes se mettent au service d’enfants ? Faudra-t-il en arriver à payer des animateurs et dénaturer de ce fait le fondement même du scoutisme qui repose sur le sens du service de l’autre ?
Heureusement, le tableau n’est pas complètement noir. Il y a encore des adultes prêts à s’engager et nous étions cinquante ce week-end. Tous les chefs le disent : ce qui est la plus grande récompense au service de ces enfants, c’est de voir leur joie. Bien sûr, cette joie vient souvent au bout d’un long chemin. C’est après des heures de préparations et d’animations que le sourire, le bonheur, le merci des enfants arrivent. Mais pour connaître cette joie, il faut oser faire le premier pas et accepter de se donner au service des enfants.
Dans le domaine de l’animation, c’est comme dans celui de la foi : c’est l’expérience intérieure qui permet de poursuivre le chemin. C’est ce que chacun ressent en lui qui va lui donner le désir, la volonté de donner du temps gratuitement au service d’un mouvement ou d’une association. Dans la foi, il en est de même. C’est ce qui se passe à l’intérieur dans une relation profonde avec le Christ accueilli dans la lecture de l’Évangile par exemple, qui permet de poursuivre son itinéraire de croyant. N’en est-il pas de même pour une vie de couple, avec l’amour que l’on expérimente dans les gestes, les paroles et les regards du quotidien ? L’important dans la vie d’un être est ce qui se passe à l’intérieur.
Oserai-je dire que nous passons plus de temps dans une journée à parler de futilité plutôt que de notre intérieur, de ce qui nous met en mouvement, en chemin chaque jour vers les autres, vers nous-mêmes et pour les croyants vers l’Esprit de Dieu ?
Dans une société où l’extérieur, le look, le style, compte beaucoup, je suis heureux de rencontrer des personnes qui savent vivre sans fard. Peu de monde en parle mais il existe bien dans notre société des personnes qui savent vivre dans la simplicité, le partage et l’écoute. Ils ne manquent pas de richesses et pourtant ils ont compris que l’essentiel est ailleurs, dans la relation aux autres.
C’est le cas des responsables Scouts et Guides que j’ai rencontrés et je pense qu’ils sauront communiquer ce sens de l’essentiel aux enfants qu’ils accompagnent.
À la semaine prochaine.
Stéphane Boyer
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Publié dans Education-jeunesse

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