LES GERMES DE LA VIE
Chronique RCF du jeudi 02 novembre 2006
Bonjour,
Alors qu’aujourd’hui dans l’Église nous prenons le temps de nous rappeler des défunts, j’aimerai vous parler de ces gestes simples qui sont créateurs de vie. Est-ce le plaisir de vous prendre à contre-pied ? Je ne le crois pas. Pour moi, la mort est une réalité qu’il y a bien longtemps que j’affronte. Je ne l’aime pas, je la combats. Et si je ne peux avoir de certitude absolue sur après la vie, mon espérance se nourrit de petits signes concrets.
Quand toute une équipe se donne, se fatigue pour organiser et animer un rassemblement de jeunes, la joie qui se lit sur leur visage est forcément un beau cadeau. C’est déjà une récompense, un contentement. Mais quand en plus, certains ou certaines personnes prennent le temps de dire merci à cette équipe dans les jours qui suivent, c’est une re-création. Leur geste simple est source de nouvelles énergies pour continuer à servir, à s’engager au service de ces jeunes.
On entend fréquemment dans les médias que l’avenir sera difficile pour les jeunes. Ils sont très touchés par le chômage. Et puis les adultes commencent à prendre conscience qu’ils vont laisser aux jeunes la terre dans un état de poubelle. Oui, la consommation à outrance des aînés va porter à conséquence pour l’avenir des jeunes. Plutôt que les écraser avec tous ces constats, j’aimerais entendre des paroles d’encouragement. Dire à un jeune : « J’ai confiance en toi » est plus constructif que toutes les paroles rabat-joie. Quel que soit notre âge, personne d’entre nous ne savait ce que serait sa vie aujourd’hui. Alors pourquoi ne pas dire aux jeunes : « Ton avenir est à inventer, rien n’est tracé d’avance. Si dans le frigo, il y a des aliments précuits, il n’en est pas de même dans la vie. Tu as la liberté d’inventer ton avenir. » Plusieurs jeunes m’ont dit que ce qui a déterminé leur orientation professionnelle, c’est la confiance qu’ils ont ressenti auprès des adultes. Je crois pouvoir dire que si je suis prêtre, c’est certainement parce que certains d’entre eux m’ont fait confiance lorsque j’étais plus jeune.
Lundi, j’ai animé la célébration du pardon de notre paroisse. Ensemble, nous avons prié et nous avons dit : « Parfois nos actes et nos paroles s’éloignent du chemin que nous propose notre guide : Jésus. Mais jamais Dieu ne nous limite à nos manques et à nos errances. » Quand on est assez humbles pour reconnaître que parfois on se plante, alors la vie peut s’ouvrir de nouveau en nous. Nous avons demandé le pardon tous ensemble, les uns pour les autres. En regardant honnêtement notre vie, nous avons exprimé notre désir de toujours progresser.
Je crois aussi que le spectacle est re-créateur. Que ce soit le cinéma, le théâtre, la musique, le conte, tous ces arts viennent ouvrir en nous un espace de respiration. Le temps d’un film ou d’une chanson, c’est un ailleurs qui s’ouvre et nous redonne vie.
Alors pourquoi ne pas se dire plus souvent ce qui nous fait du bien, ce qui nous donne envie d’avancer encore au milieu des aridités de la vie. Je ne nie pas que la vie soit dure. C’est sa nature. Je cherche à voir les germes de vie qui créent de la vitalité en chacun de nous.
À la semaine prochaine.
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