UN PETIT QUI SERA GRAND !
Chronique RCF du jeuid 21 décembre 2006.
Bonjour,
La fête de Noël est à notre porte. Qui allons-nous fêter ? Une image pieuse ? Un gosse dans une crèche qui nous émeut par sa pauvreté ?
Ce que souvent on oublie à Noël, c’est que de l’enfant Jésus, on ne connaît rien. Ce qui peut être un peu connu et acceptable avec une certaine véracité, c’est Jésus adulte. Le seul homme qui ait fait parler de lui, c’est Jésus adulte, celui qui agit, qui parle, qui marche, qui discute, qui relève, qui va vers sa mort et vers la résurrection.
Quand nous fêtons Noël, nous fêtons l’enfant qui porte en lui ce qu’il va devenir. Ce n’est pas le gamin qui pleure qui m’intéresse mais celui qui va être capable de pleurer avec les sœurs de Lazare face à la mort de son ami. J’aime, dans l’enfant de la crèche, le même qui adulte est capable de se laisser attendrir par la faiblesse, la blessure de l’autre.
Si un bébé porte une caractéristique dans sa propre nature, c’est bien sûr la fragilité, la vulnérabilité. Cette vulnérabilité Jésus ne l’a jamais perdue. Il n’a pas fait les gros bras. Il a cherché avec la conscience de la fragilité de la vie à ouvrir des chemins de bonheur. Il ne supportait pas l’hypocrisie des pharisiens, l’arrogance des chefs religieux, les jugements qui ferment la porte à l’avenir. Il savait qu’il n’avait pas d’autres armes que son attitude et sa parole, qui se devaient d’être en adéquation. Même aujourd’hui sa parole est vulnérable : combien de personnes pensent que l’évangile est rempli de mensonges. Beaucoup ne comprennent pas que ce livre porte les traces de ceux qui l’ont écrit : des apôtres, des amis de Jésus. Et que bien sûr quand on aime, on n’écrit pas pareil que lorsqu’on déteste. Mais peut-on leur reprocher d’aimer cet homme avec qui ils ont partagé la vie ?
Ce que j’aime dans la fête de Noël, ce n’est pas tellement l’enfant qui est là, mais la promesse qu’il porte en lui. Faut-il le redire, nous ne fêterions pas Noël, sans les quelques années que Jésus a passé à annoncer l’amour infini de son Père, sans le temps qu’il a passé à former et à instruire ses disciples, sans son procès, sa mort et l’espérance des chrétiens : sa résurrection. Rien de Noël sans cela. Ce n’est donc pas une fête enfantine mais la prise en compte de la réalité : cet homme qui a donné sa vie et est mort sur la croix, il est né un jour.
Si je suis heureux de fêter Noël, c’est parce que je sais ce qu’a dit Jésus adulte, ce qu’il a fait, ce qu’il a aussi changé dans ma vie. Ma vie serait bien différente s’il n’était pas venu. La vôtre aussi peut être, car son message a quelque peu façonné notre monde, même si tous n’en ont pas conscience. Alors fêtons joyeusement Noël, non pas comme l’inconnu d’une vie mais avec tout ce que nous connaissons de Lui. Et remercions le !
À la semaine prochaine.
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