PARENTS, GARDEZ UN COEUR AIMANT.
Chronique RCF du jeudi 15 mars 2007.
Bonjour,
Dans notre France, il n’est malheureusement pas rare de voir des jeunes, notamment des adolescents, rejetés par leur famille. Des jeunes se retrouvent dans la rue, livrés à eux-mêmes. Je ne parle pas forcément de mineurs mais plutôt de jeunes majeurs qui se retrouvent dehors, les parents ne voulant plus assumer leur progéniture. Aujourd’hui, alors que l’adolescence s’allonge, il y a encore des parents qui pensent que l’enfant se doit d’être autonome dès 18 ans. Et puis comme souvent, les parents font référence à leur propre histoire, en expliquant qu’ils ont trimé lorsqu’ils étaient jeunes et que leur enfant n’a pas à avoir une vie plus douce et plus agréable.
C’est souvent pour ces jeunes une vie de galère qui commence. La question du logement est bien sûr cruciale, mais aussi plus simplement la nourriture et le minimum pour vivre : quelques vêtements, un peu d’argent de poche.
Que nous ayons ou non des enfants, nous savons tous qu’éduquer est une tâche exaltante mais aussi très ardue. Entre ce que nous désirons communiquer comme éducation et ce qui passe dans les faits, il y a souvent des décalages. Les évolutions de la société, les changements culturels, les façons de vivre les relations entre les êtres, le rapport au corps, tout change et évolue sans cesse. Aussi, très souvent, l’adulte-parent peut être perdu.
Mais peut-on perdre son instinct de parents ? Peut-on parfois ne plus être capable de supporter son enfant, de ne plus pouvoir l’accompagner, je ne dis pas de ne plus l’aimer ? Je crois qu’il est possible malheureusement que des parents ne puissent plus contrôler leur enfant et soient amenés à le rejeter. C’est bien souvent parce que la situation les fait souffrir et les dépasse. Mais je connais aussi des parents qui se refusent d’exclure et qui vivent une épreuve en refusant de mettre à la porte leur enfant.
Dans une société complexe, il est important d’aider les parents. Ce n’est pas un métier d’être parent, c’est une responsabilité. Le risque, qui est déjà naturel, est de culpabiliser encore plus les parents. Qui a tout réussi dans sa vie ? Avec les enfants, comme avec les amis, tout n’est pas facile dans la relation. On prend des habitudes parfois néfastes, dévastatrices pour construire la confiance. Le deuxième risque serait de penser qu’il n’y a pas de remise en cause à faire, penser que comme père ou mère on ne peut pas changer de comportement.
Quand un enfant est mineur, les différents services sociaux peuvent parfois récupérer un peu la situation, accueillir le jeune et proposer un accompagnement des parents. Il est possible, si chacun est en capacité de faire un bout de chemin, de recréer les liens et une certaine confiance. Mais dès qu’il s’agit de jeunes majeurs, rien n’est prévu dans notre société. Pourtant majorité ne rime pas forcément avec capacité à être responsable de sa vie.
Il est très important d’aider les parents à ne pas céder à tout ce que demande et exige leur enfant mais il est indispensable de les aider à ne jamais perdre leur cœur de père et de mère, à pouvoir garder les bras ouverts, l’esprit compréhensif. C’est pour les chrétiens la plus belle représentation de Dieu : un père, une mère qui ouvre les bras à son enfant qui s’est éloigné. Même si parfois parents et enfants ne peuvent plus vivre ensemble, travaillons si possible à ce que chacun garde un cœur aimant.
À la semaine prochaine.
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