Faire vivre les lieux de décisions

Publié le par Boyer Stephane

Chronique RCF du jeudi 12 janvier 2006.

Bonjour,

 

 

La semaine passée, on a beaucoup parlé d’Ariel Sharon qui survit suite à une attaque cérébrale et de François Mitterrand, dix ans après sa disparition, avec une multitude d’hommages, d’inaugurations et de rencontres.

 

 

Certains hommes politiques comptent plus que d’autres. Ils ont du charisme, une attitude, une façon de convaincre, de parfois plier mais sans jamais casser, qui font d’eux des hommes, des femmes, que l’histoire retiendra. Si pour Ariel Sharon, on se rappelle la décolonisation de la bande de Gaza, il ne faut pas oublier ce dont on entend moins parler comme la continuation des colonisations en Cisjordanie et le mur de séparation entre Israël et la Palestine. Pour Mitterrand, c’est pareil. On rappelle l’abolition de la peine de mort, les radios libres (dont nous faisons parti sur RCF) mais on se pose toujours des questions sur la pression morale qu’il a fait exercer sur certains individus et qui ont créé bien des souffrances.

 

 

Ces deux hommes, mais bien d’autres responsables politiques, syndicaux ou religieux, marquent l’histoire, et par leurs actions ont contribué à façonner un monde différent. À tous les niveaux, ceux qui sont mis en situation de responsabilité influencent l’avenir par leurs décisions. Certaines sont audacieuses et visionnaires, d’autres frileuses, pragmatiques, parfois même rétrogrades. Ce qui devrait pour tout responsable orienter sa prise de décision est le bien commun. Le bien de ceux qui lui sont proches, par exemple un président pour les citoyens de son pays, des responsables syndicaux pour les adhérents, mais pas uniquement. Si le bien d’un peuple ou des adhérents est essentiel, avoir le souci plus large des autres est indispensable.

 

 

Si c’est vrai que certains êtres marquent l’Histoire, avec un grand H, il ne faut pas oublier pour autant que chacun de nous façonne aussi au quotidien l’histoire de notre monde. Chacun fait des choix. Chacun oriente sa vie, soit en suivant l’air ambiant (on le voit à l’occasion des soldes – on a l’impression que c’est un évènement national qui va changer la vie de chacun), soit sur des convictions plus personnelles. La dernière campagne d’un certain nombre d’acteurs et de chanteurs en faveur de l’inscription sur les listes électorales a le mérite de rappeler qu’en votant, on fait un choix, qu’on influence l’avenir. Mais dans des gestes quotidiens aussi. Réfléchir sur les moyens de transport qu’on utilise peut contribuer à changer l’avenir. Choisir quelles associations nous allons soutenir, soit en donnant du temps, soit en faisant un don pour qu’elles aient des moyens d’actions n’est pas anodin. Choisir une école pour son enfant est aussi une façon d’orienter son avenir, sa construction.

 

 

Si pour certaines choses nos choix sont déjà bien réfléchis et fondés, la vie apporte toujours de la nouveauté. Pour choisir, il est indispensable d’avoir une vision des enjeux, une connaissance des diverses possibilités, un peu de créativité aussi. Le parlement est le lieu de discussion d’un pays (et je pense qu’on ne réagit pas assez auprès de nos députés qui sont nos représentants), le Conseil d’Administration d’une association est aussi ce lieu de débat. Le couple est un vrai relais pour les décisions de la famille. Parfois le débat se fait avec les enfants mais parfois comme le disait une sociologue : « Il est nécessaire que les enfants comprennent que les parents discutent au-dessus de leur tête » car ils sont responsables. (Je pense aussi à tous les conseils, en Église, chez les Scouts, dans les quartiers…)

 

 

Alors, notre première responsabilité, si on ne veut pas demeurer dans l’individualisme égoïste, est de bien faire vivre ces lieux où nos décisions peuvent se dialoguer et s’éclairer pour concourir au bien du plus grand nombre.

 

 

À la semaine prochaine.
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Publié dans Education-jeunesse

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B
Dans ma chronique solidarité de cette semaine j'évaillais l'attention des auditeurs sur la nouvelle loi handicap, en indiquant tout d'abord qu'il s'agit de changer son regard. Je disais que les petites chose peuvent en faire des grandes. Alors je me retrouve bien dans l'importance de tout ce qui se passe pour notre société au niveau des toutes petites cellules de cette société que sont le couple, la famille. Alors pouvons-nous éteindre un peu nos télévision, enlever les casques que nous avons sur les oreilles pour capter un peu plus de ce qui se passe à l'extérieur de nous mêmes, car nous ne pouvons être nous-memes qu'avec et au contact des autres.
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