Motivé pour se changer !

Publié le par Boyer Stephane

Chronique RCF du jeudi 30 mars 2006.
Bonjour,
Changer, c’est un appel incessant que nous fait la vie. La politique, l’économie reine du monde, mais aussi les techniques de communications, la société pluri culturelle dans laquelle nous vivons, les conjoints, les enfants, les employeurs, et bien d’autres encore, tout et tous nous appellent à changer de vie.
La capacité à changer, à transformer son être, c’est toute notre société qui doit la porter. Ouvrir son intelligence et ses yeux sur ce qui se passe dans le monde, méditer sur ses comportements personnels, toute personne est appelée à cela. Trop souvent c’est les difficultés de la vie qui nous transforment. Un revers dans le travail, un échec dans la vie sentimentale et amoureuse, une blessure profonde, tout cela peut transformer la vie individuelle, remettre en cause une façon d’être, de penser, de vivre. Je n’oublie pas qu’à l’opposé une réussite, une rencontre amoureuse, une expérience de joie profonde, peut aussi réorienter une vie.
Il est cependant certain qu’il est souvent nécessaire de se bousculer soi-même pour progresser. Très souvent, surtout quand tout semble bien aller, l’être humain s’endort, entre un peu en léthargie. Pourquoi changer si tout va bien, si l’essentiel de notre bonheur est assuré ? Changer n’est pas obligatoire. Progresser serait peut-être alors un mot plus juste. Nous pouvons toujours faire mieux, travailler en nous sur la qualité : qualité de dialogue, qualité de partage, qualité de notre service des autres.
En ce moment les chrétiens vivent le temps du Carême. Le Carême, c’est se dire que notre vie ne peut être prisonnière de notre passé, de notre histoire. Comment changer et se laisser transformer pour un mieux être, un mieux vivre ensemble ? Pour changer, il est nécessaire d’avoir une motivation. Pour les chrétiens, désirer être plus en adéquation avec la force de vie de Jésus est une motivation. Relever son prochain, rejeter ce qui enferme l’homme, montrer à chacun ses qualités qui lui permettront toujours de progresser, donner confiance, Jésus l’a fait et nous pouvons à sa suite essayer de l’incarner dans nos vies. Le Carême, c’est s’associer, c’est entrer dans le mouvement de la vie qui sans cesse nous transforme, en donnant une impulsion évangélique à ce changement. Un peu comme les sondes spatiales qui s’appuient sur les forces de gravitation des différentes planètes pour progresser dans l’univers.
Dans le Carême, nous exprimons au monde qui nous entoure cette invitation à trouver des motivations pour progresser, à se laisser transformer de l’intérieur pour un mieux être, un mieux vivre commun. Le Carême, c’est une façon dire au monde : « osons nous regarder en face, cherchons chacun notre élan vital, des motivations de transformation de vie, osons rêver et agir sur nous pour réaliser nos rêves. » Le Carême n’est pas une petite action spirituelle et religieuse. Sortons du piétisme religieux. Le Carême, c’est vivre ce que tout être humain est appelé à vivre : se laisser changer par un désir d’aimer. Le Carême n’est pas la BA des chrétiens qui ferait leur petit partage, c’est plutôt l’entraînement de l’athlète qui s’échauffe, regarde les articulations qui ne vont pas bien pour en prendre encore plus soin et réaliser son parcours sereinement, sachant qu’il sera toujours gagnant vis-à-vis de lui-même. Le Carême c’est une des façons, (pas la seule) que nous avons comme chrétien, de participer aux changements de notre monde.
À la semaine prochaine.
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Publié dans Education-jeunesse

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